« L’ancien président Jean-Bertrand Aristide a la capacité de sortir le pays de la crise », affirme Joël Edouard Vorbe de Fanmi Lavalas

Publié le 2022-06-28 | lenouvelliste.com

La manifestation du 26 juin qui visait à exiger Jean-Bertrand Aristide comme président provisoire n’était pas de l’initiative du comité exécutif de l’organisation Fanmi Lavalas, selon Joël Edouard Vorbe, membre de cette structure. Soulignant que l’ancien président Jean-Bertrand Aristide a la capacité de sortir le pays de la crise, il affirme que Fanmi Lavalas reste attaché au gouvernement de salut public qui aura pour mission de s’attaquer aux maux qui rongent le pays. Selon M. Vorbe, cette manifestation symbolise le ras-le-bol de la population, en proie à l’insécurité depuis plusieurs mois.

« Aujourd’hui la population réalise que malgré les alertes qui ont été lancées pour demander de combattre l'insécurité, les difficultés restent inchangées. Ces difficultés ont suscité la nécessité de rassembler autour de ce thème. Ainsi, la population commence à se lasser et ne peut pas continuer de s’ériger en posture de spectateur. Elle exige des actions concrètes », a soutenu Joël Edouard Vorbe qui, toutefois, confirme que l’ex-président Jean-Bertrand Aristide a rencontré Helen La Lime, représentante du secrétaire général des Nations Unies et le Premier ministre Ariel Henry. Ces rencontres, a-t-il ajouté, s'inscrivent dans le cadre de l’agenda personnel du représentant national de l’organisation. « Le président Jean-Bertrand Aristide a le droit de partager son point de vue sur la situation actuelle du pays avec des personnalités hautement politiques », a soutenu M. Vorbe.

Le dirigeant du parti politique Fanmi Lavalas a révélé qu’il n’était pas à l’ordre du jour que l’ex-président Jean-Bertrand Aristide dirige la transition.  « Ce n’est pas à l’ordre du jour. Mais si les manifestants protestent en ce sens, c’est parce qu’il y a un problème. Ils ont besoin de personnes qui peuvent poser des actions. Ils ont déjà vu les actions entreprises par Jean-Bertrand Aristide par le passé, notamment dans le domaine de l’éducation. Il a la capacité de consentir des efforts intellectuels afin de maintenir une vision permettant d’aller d’un point à un autre. Il a la capacité de rassembler, d’être un leader pour une majorité de personnes. C’est ce qu’ils réclament. C’est ce dont nous avons besoin dans le pays. Nous avons besoin d’un leadership éclairé pouvant nous aider à sortir de cette crise aiguë dans laquelle nous nous trouvons. La crise dans laquelle nous sommes est une crise multidimensionnelle qui nécessite une personne intègre, compétente qui pourra nous en extirper », a laissé entendre M. Vorbe.

 « Il a cette capacité, il n’y a pas de doute. Il reste et demeure un leader historique qui peut nous aider ou nous accompagner à sortir de cette crise. Si on veut prendre en compte ses conseils, je vous donne la garantie qu’il donnera les conseils qu’il faut. Mais, il faut des hommes. Même si on avait les meilleurs conseillers du monde, s’il n’y a pas d' homme pour les appliquer, le projet n’aboutirait nulle part », a-t-il nuancé.  Alors qu’il vante la capacité du Dr Jean-Bertrand Aristide, M. Vorbe affirme que Fanmi Lavalas reste accroché au gouvernement de salut public. À la question de savoir si Jean-Bertrand Aristide est l’homme fort du moment, l'entrepreneur a répondu : « Pour le moment, le salut public est l’homme du moment. Un leadership collectif qui réunira des Haïtiens intègres, honnêtes, compétents dans plusieurs domaines. La crise est multidimensionnelle. »

Fanmi Lavalas garde la même position concernant l’accord de Montana. « Presque un an après, le Premier ministre est devant un fait accompli où il réalise qu’il ne peut pas réaliser le projet tel qu’il l’avait pensé. Du coup, il se trouve déjà dans une forme de transition. Montana s’est décidé d’aller dans un face-à-face et dit qu’il veut prendre le pouvoir de façon à mener son propre agenda quelque part. Est-ce que nous, au niveau du parti Fanmi Lavalas qui s'est retiré de l’accord de Montana, nous allons soumettre une troisième proposition pour dire que nous allons prendre le pouvoir ? Non. », s’est-il empressé de répondre, soulignant que le parti est dans une logique claire et nette selon laquelle le pays ne peut pas plonger davantage dans la crise. M. Vorbe a dit continuer de lancer un appel au dialogue afin de discuter sur l’insécurité qui fait rage dans le pays.



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