Du bétail distribué dans les départements de la Grand’Anse et du Sud

Le secteur agricole du grand Sud continue de recevoir l’appui des autorités gouvernementales et des organisations internationales. Après plusieurs interventions concernant la production végétale, l'emphase a été mise sur le repeuplement des cheptels caprins et bovins notamment dans les départements du Sud et de la Grand’Anse. Dans le cadre de ces activités, les coopératives agricoles et les associations paysannes ont été ciblées et ont servi de pont entre les autorités et les exploitants agricoles.

Publié le 2022-06-27 | lenouvelliste.com

Dans le grand Sud, c’est le temps du repeuplement du petit élevage. Dans les communes d’Anse-d’Hainault, de Dame-Marie et des Irois, 42 vaches et 4 géniteurs ont été distribués aux membres des coopératives agricoles de ces zones. Dans le département du Sud, notamment à Rendel, une section communale de Chardonnières, des cabris et des moutons ont été distribués aux agro-éleveurs dans l’optique de diversifier leurs sources de revenu. Ces activités ont été reprises dans trois autres communes du département du Sud.

Tenue dans le cadre du plan de relèvement du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, cette activité est pilotée par l’association de solidarité internationale dénommée « Agronomes et vétérinaires sans frontières » (AVSF) dans le cadre de la phase d’urgence de son projet « Jaden Kreyòl/POFISUD ». Les éléments de réponse ont été ainsi  apportés  à trois niveaux. Outre le repeuplement de certains cheptels, l’on parle de l’injection de cash dans les communautés et l’appui des activités agricoles à cycle court afin de favoriser la disponibilité des produits agricoles sur les marchés, dans les zones touchées et dans la capitale.

Selon les responsables, le choix du cheptel a été fait par les agro-éleveurs. Dans cette rubrique, plus de 900 familles ont été touchées. 305 chèvres, 30 boucs améliorés de race Boer, 10 béliers, 25 brebis et 46 bovins ont été distribués dans les sept communes touchées par le projet.

Afin de favoriser une large participation des membres des coopératives et des associations, l’approche « pase kado » a été priorisée. Le principe est que chaque exploitant reçoit un animal domestique pour un temps déterminé durant lequel il en prend soin et garde le lait et/ou la progéniture. Au bout de ce temps, elle rend l’animal à l’organisation ou la coopérative qui le prête ensuite à un autre membre. Pour les vaches, cette activité sera répétée à cinq reprises et à deux reprises dans le cadre des caprins.

Dans le cadre de la production végétale, les cultures à cycle court ont été priorisées. Si l’on en croit le coordonnateur du projet Jaden Kreyòl/POFISUD, Sardou Jean-Denis, environ 200 ha de terre ont été subventionnés à raison de 805 dollars américains par hectare pour les hommes, 1 207.50 pour les femmes. Ainsi, tout le cycle de production a été pris en charge.

Le projet est très apprécié sur le terrain. Pour son implémentation, les agents de développement locaux et les représentants du ministère de l’Agriculture sont très impliqués. Ce dernier, de l’avis du responsable de projet de Jaden Kreyòl/PROFISUD, Gary Jérôme, les activités entreprises dans le cadre du projet vont aider à garantir de meilleures conditions de vie aux communautés rurales, notamment aux exploitants agricoles. Selon lui, ce dernier est de nature à favoriser la diversification des sources de revenu des ménages ruraux.

C’est aussi l’avis de certains bénéficiaires directs rencontrés par le journal. Ila Joseph, une exploitante agricole de Camp-Perrin, a remercié les dirigeants qui ont pensé à sa zone après le séisme dévastateur du 14 août 2021. « En plus de nous aider financièrement, ce projet nous aide à déblayer la route menant à notre section communale, laquelle était complètement obstruée lors du séisme », a-t-elle fait savoir.

Abondant dans le même sens, Roblin Jean Gary, le président de la Coopérative agricoles des planteurs des Irois (CAPI) a fait l’éloge de la méthodologie employée par les tenants pour atteindre les plus vulnérables. « Ce dont nous avons le plus besoin pour le moment, c’est le repeuplement de nos cheptels et ce volet du projet répond parfaitement à nos demandes », demande le responsable.

Financé par Affaires mondiales du Canada (AMC) et la coopération suisse, le projet Jaden/Kreyòl/PROFISUD  souhaite jeter les bases pour un cacao d’Haïti compétitif et durable. Ainsi, l’objectif général de la consultation est d’élaborer pour les dix prochaines années un cadre stratégique pour le développement de la chaine de valeur.



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