Poésie en Liberté

Guecelyn Otilus, distingué pour son poème « Lettre aux femmes du monde »

Publié le 2022-06-23 | lenouvelliste.com

Les lauréats du prix international de Poésie en liberté sont connus. Le jeune poète haïtien Guecelyn Otilus, 24 ans, est le  deuxième lauréat du prix Poésie en liberté 2022, catégorie étudiants, pour son poème « Lettre aux femmes du monde ». Le premier prix est  décerné au poète congolais Lamartine André Héritage pour son poème titré "Ubuntu"

Organisé par l'association "Poésie en liberté" depuis plus de vingt ans, le prix Poésie en liberté est un concours international de poésie en langue française qui s’adresse aux jeunes de 15 à 25 ans de tous les pays. Il se déroule sur Internet autour d’un sujet libre. Plusieurs catégories sont inscrites dans cette épreuve, notamment catégorie étudiant, catégorie Seconde.

« Je suis très touché et je suis vraiment content. Ce n'est pas le premier prix certes, mais le deuxième prix à l'international, en plus c'est un concours prestigieux », annonce Guecelyn Otilus à l’autre bout du fil. Pour le natif du Cap-Haïtien ce prix prend l’allure d’une sorte de consécration.

Étudiant en sciences politiques au campus Henry Christophe de l'UEH et également en sciences de l'éducation, département d'histoire et de géographie à l'Université publique du Nord au Cap-Haïtien, Guecelyn est un passionné de littérature. Grand admirateur de Jacques Stephen Alexis, René Philoctète, Stefan Zweig, Amin Maalouf, Richard Brautigan il a confié au Nouvelliste qu’il écrit depuis son enfance. Pour lui, la poésie est un moyen de dire le monde par son propre langage. « C'est aussi l'expression d'une rage, d'une colère, d'un amour, d'un rêve de vivre-ensemble, tout ça ».

Lettre aux femmes du monde 

 « Lettre aux femmes du monde » est une poésie limpide, chatoyante et mature. Guecelyn Otilus joue avec les mots, avec les sens et les images.  Ce récit-poème est un long chant d’amour à la femme, et aux mystères. Ici la poésie est une manière de voir, de saisir les formes en mouvement. Le sens éclate dans le foisonnement et l’affrontement des images, comme chez les surréalistes. « La poésie a toujours été une vision de la présence », écrit Octavio Paz (L’autre voix, 1992). Ce poème est une vision de la présence d’Erzulie. En lisant ce poème on entend la voix du poète jusque dans l’oreille intime du lecteur. 

« J’ai habité ton corps de verre cassé

A force de battre la mesure

Sur la machine Singer à recoudre

Les tessons de nos espoirs clandestins

J’ai pénétré tes entrailles de mes mains rouillées et mal affutées

Ton corps est un mur sur lequel sont inscrites toutes les plaintes du monde » […]



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