Haïti veut améliorer l’accessibilité des services internet à large bande avec le projet HDAP

Le coordonnateur de l’Unité centrale d’exécution (UCE) a rencontré, mercredi, à Pétion-Ville, les parties prenantes du Projet d’accélération numérique en Haïti (HDAP). Il s’agit d’informer de l’avancement dudit projet financé par la Banque mondiale à hauteur de 60 millions de dollars sur une période de 6 ans. Le ministre des Travaux publics, Transports et Communications, l’ingénieur Rosemond Pradel, dit souhaiter que le focus soit mis sur les zones les plus défavorisées afin que les couches les plus vulnérables soient desservies.

Publié le 2022-06-23 | lenouvelliste.com

Classée 168 sur 179 dans l’indice de développement des TIC en 2017, Haïti dispose d’un pourcentage d’internautes aussi bas que 12,23%. Le Projet d’accélération numérique en Haïti est un projet visant à accroitre l’accès aux services à haut débit en Haïti et d’établir les bases de la résilience numérique. Selon le responsable de communication du projet HDAP, Joseph Campagne, le numérique est l’affaire de tous. Celui-ci, a-t-il fait savoir, peut nous aider à révolutionner l’administration publique, combattre  la corruption dans les douanes et la DGI. « Il peut nous aider à repenser Haïti pour un meilleur lendemain. »

En effet, Haïti peine à bénéficier des retombées de ces outils en raison d’un ensemble de facteurs, dont une carence de politique et programmes stratégiques, les faiblesses d’ordre infrastructurel et aussi la précarité économique des populations haïtiennes. Le financement de la Banque mondiale, selon un document dont le journal a eu une copie, vise à augmenter l’accès aux services à haut débit en Haïti et à poser les bases d’une résilience numérique face aux chocs sanitaires, climatiques et économiques.

Le titulaire du MTPTC, l’ingénieur Rosemond Pradel, a mis l’accent sur le renforcement des capacités de transmission des opérateurs existants qui est un préalable nécessaire à la mise en œuvre du projet. Le ministre Pradel dit souhaiter que le focus soit mis sur les zones les plus défavorisées afin que les couches les plus vulnérables soient desservies.

À en croire le numéro un des TPTC, la composante relative à la création de l’environnement propice et au développement des capacités tient le pays à cœur. L’Ingénieur Pradel déplore plus loin que depuis trois décennies les chantiers de la réforme juridico-réglementaire ont été entamé sans jamais pouvoir se conclure à cause des situations politiques. « La législation de la télécommunication en vigueur actuellement n’est plus apte à réglementer le secteur des TICs. Il faut modifier le cadre actuel pour tenir compte des nouveaux développements connus dans le secteur », a soutenu le ministre.

Pour le coordonnateur de l’UCE, l’ingénieur Robenson Jonas Léger, l’un des problèmes du numérique réside dans la solvabilité. Une étude publiée le 10 janvier 2022 a révélé que combler le fossé numérique permettrait aux économies de la Caraïbe de gagner à moyen terme entre 6 et 12% de leur PIB. Pour Haïti, si on arrive à rattraper notre retard en termes de disponibilité de la connectivité à large bande on gagnerait 17,4% du PIB.

Le directeur général du Conseil national des télécommunications (CONATEL), Jean Marie Guillaume, dit s’impliquer dans la mise en œuvre du projet Haïti numérique financé. M. Guillaume dit reconnaitre que l’ensemble du secteur a un impact énorme sur le plan économique et social dans le pays.  D’après lui, l’investissement privé doit être mieux encadré et protégé.

Plus loin, le patron du Conatel dit avoir insisté pour que l’institution qu’il dirige ait des équipements de dernier cri pour pouvoir faire le contrôle et énumérer ces interférences. Il applaudit l’intérêt manifeste de la Banque mondiale pour le secteur des Télécommunications.

« Le projet Haïti numérique doit être le point de départ de nombreuses mesures d’accompagnement appelées à constituer de nouveaux projets afin de maximiser l’efficacité », a-t-il fait remarquer, évoquant un appui à l’implémentation du principe de partage d’infrastructures qui permettra de réduire les coûts opérationnels des opérateurs tout en garantissant le respect des normes.

« Le Conatel a déjà discuté avec la Banque mondiale. D’ici la fin du mois de juillet, l’institution sera super équipée », a promis Jean Marie Guillaume, insistant sur la nécessité pour les opérateurs de partager les infrastructures existantes.

Le Programme d’accélération numérique d’Haïti (HDAP), mis en œuvre par l’UCE avec l’appui du régulateur du secteur (CONATEL), vise à faciliter la mise en place d’un environnement propice au développement de l’économie numérique, en améliorant l’accessibilité des services internet à large bande. l’un des principaux obstacles à la connectivité pour les Haïtiens.



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