PNH : Haïti sollicite de l’ONU une assistance technique et institutionnelle

Publié le 2022-06-20 | lenouvelliste.com

Le ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Jean Victor Généus, dans un tweet, jeudi soir, après la réunion au Conseil de sécurité des Nations unies, a confié avoir sollicité, au nom du gouvernement haïtien « une assistance technique et institutionnelle susceptible de renforcer les capacités opérationnelles de la police nationale en vue de rétablir le climat de sécurité nécessaire à l'organisation des élections ».

Ce dont le pays a besoin, c'est d'un soutien international accru pour ses forces de sécurité assiégées, et non de forces étrangères venant les évincer de leur rôle. « Nous ne voulons pas que la communauté internationale ou les forces étrangères remplacent la police nationale haïtienne et viennent faire notre travail à notre place », a-t-il déclaré, selon Miami Herald.

Ce que le gouvernement haïtien veut, c'est voir le renouvellement du BINUH et sa capacité renforcée afin de fournir une formation efficace à la police nationale haïtienne. Il a reconnu que la situation sécuritaire en Haïti s'est aggravée et que les enlèvements « sont devenus monnaie courante et même les diplomates étrangers et les membres des Nations unies ne sont pas épargnés ».

« La Police nationale d'Haïti est la force dont dispose le gouvernement pour répondre à ce phénomène, mais elle ne peut pas faire cavalier seul dans les circonstances actuelles. Malgré le courage et la détermination dont elle a fait preuve jusqu'à présent dans la limite de ses moyens», a déclaré M. Généus.

Les difficultés rencontrées par l'administration haïtienne pour acquérir des véhicules blindés et des armes létales continuent de désavantager la Police nationale d'Haïti face aux gangs qui peuvent se procurer de telles armes par le biais de la contrebande. «Il est urgent que la Police nationale d'Haïti reçoive dans les prochains jours, pas dans les prochaines semaines ou les prochains mois, un soutien solide de la part de nos partenaires et de la communauté internationale afin que nous puissions mettre un terme immédiat à cette situation tout à fait inacceptable», a-t-il ajouté.  

« Plus que jamais, Haïti a besoin d'une aide immédiate pour développer sa police nationale et contrer la criminalité et la violence croissantes. La Police nationale d'Haïti (PNH) manque actuellement de ressources humaines, matérielles et financières pour remplir efficacement son mandat. Ses capacités opérationnelles et logistiques limitées compromettent la mise en œuvre d'un programme complet de sécurité publique qui s'appuie sur une police fondée sur le renseignement et la réduction de la violence. C'est donc avec une grande urgence que j'appelle les États membres à fournir un plus grand soutien et à contribuer au nouveau fonds commun géré par le PNUD, destiné à soutenir la PNH et à l'aider à relever les défis auxquels elle est confrontée », a indiqué Helen Meagher La Lime à cette réunion.

Une mission de maintien de la paix en Haïti, la seule solution, selon la République dominicaine

Jose Blanco Conde, le représentant de la République dominicaine, a déclaré au Conseil de sécurité qu'Haïti ne disposait d'aucun mécanisme institutionnel pour faire face à la crise sécuritaire et qu'une nouvelle mission de maintien de la paix était la seule solution. « Bien que l'un des objectifs [de la dernière mission de maintien de la paix] était de garantir la restructuration des forces de police, le rapport du Secrétaire général indique que cette question n'est toujours pas résolue », a déclaré M. Blanco, ajoutant qu'il est clair que la police nationale haïtienne n'a pas encore développé la capacité de maintenir l'ordre et de contrôler les nombreux gangs armés qui terrorisent la population. « Il a rappelé aux membres du conseil qu'il y a trois ans, la République dominicaine, qui n'est pas membre du Conseil mais qui est le plus proche voisin d'Haïti, avait mis en garde contre les conséquences négatives de la réduction de la mission de maintien de la paix des Nations unies. Aujourd'hui, nous récoltons les résultats de cette décision désastreuse », a ajouté M. Blanco. Le maintien immédiat de la paix est le seul moyen de lutter contre la violence et le chaos, car il y a une menace de bain de sang majeur causé par une intensification potentielle des affrontements entre les bandes criminelles et d'éventuelles foules de personnes dévalisant les propriétés à la recherche de nourriture ».

D'autres ambassadeurs ont reconnu que la situation est désastreuse en Haïti et que le pays doit organiser des élections pour revenir à l'ordre constitutionnel. L'ambassadeur Ronaldo Costa Filho, représentant permanent du Brésil auprès des Nations unies, a déclaré que son pays, qui assumera la présidence du Conseil le mois prochain, avait espéré organiser une visite en Haïti le mois prochain avant le vote. « Mais les conditions de sécurité en Haïti et les ressources insuffisantes du BINUH pour garantir la sécurité de la mission risquent de ne faire que repousser l'idée », a-t-il déclaré.

Et d'ajouter : « Soyons clairs, il est urgent de changer d'approche avant que la situation ne devienne incontrôlable et ne constitue une menace possible pour la sécurité régionale ».



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