Des bandits détruisent des archives au tribunal de première instance de Port-au-Prince

Publié le 2022-06-15 | lenouvelliste.com

Le tribunal de première instance de Port-au-Prince, la plus grande juridiction du pays, est occupé depuis tantôt une semaine par des bandits armés de Martissant. Depuis, aucune tentative n’a été officiellement entreprise pour reprendre le contrôle du bâtiment qui, dans le temps, hébergeait l’USAID. Depuis le 10 juin, les malfrats deviennent les seuls maîtres des lieux. Intervenant à Magik9 ce mercredi matin 15 juin, Ainé Martin de l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH) a évoqué les cas de sabotage orchestrés par les malfrats au palais de justice.

« Ce mardi 14 juin, ils ont mis le feu aux dossiers, ils ont emporté les coffres-forts et les véhicules qui se trouvaient dans la cour. Actuellement, ils occupent le palais de justice où se trouvent le décanat, le parquet du tribunal civil, le parquet de la cour d’appel, les carrés des 17 substituts du gouvernement, les cabinets de 28 juges d’instruction, les différents greffes, les archives du tribunal de première instance de Port-au-Prince et de celui Croix-des-Bouquets, la bibliothèque du TPI... », a fait savoir Ainé Martin qui, au passage, rappelle que son organisation n’avait eu cessé de tirer la sonnette d’alarme sur la vulnérabilité du TPI dans cette zone de non-droit. « Le palais de justice de Port-au-Prince est surveillé de très près par le gang de Village-de-Dieu depuis un certain temps. Les bandits ont installé des caméras de surveillance dans les parages et font voler quotidiennement des drones au-dessus du bâtiment », a confié Ainé Martin. 

Le chef du parquet sollicite l’aide de la PNH

Jacques Lafontant, commissaire du gouvernement près le TPI, s’est adressé au directeur départemental de l’Ouest 1 de la Police nationale d'Haïti (PNH), afin de se faire escorter pour se rendre au palais de justice. « Le commissaire du gouvernement vous requiert l'accompagner sous escorte policière, avec au moins deux blindés pour qu'il puisse se rendre au parquet de Port-au-Prince, aux fins de constat des dégâts enregistrés en date du 10 juin 2022, suite aux attaques armées dont a été l'objet le parquet de Port-au-Prince et de récupérer du même coup des dossiers gardés aux bureaux des substituts commissaires du gouvernement », peut-on lire dans la correspondance dont copie a été aacheminée à la rédaction.

Dans cette lettre, le chef du parquet souligne avoir renouvelé cette réquisition de manière formelle après avoir essuyé un refus de la part du numéro un de la DDO1. « Le commissaire du gouvernement se voit dans l'obligation de vous adresser cette réquisition formelle puisque vous lui avez signifié votre réticence lors de notre dernier entretien téléphonique, le dimanche 12 juin 2022, arguant que vous devriez avoir l'avis de votre supérieur hiérarchique pour l'accompagner au parquet aux fins de constat. En conséquence, il vous enjoint de prendre acte que la réalisation de ce transport sur les lieux lui permettra de diligenter une enquête contre les auteurs, coauteurs et complices de cet attentat perpétré contre le symbole régalien de l'Etat qu'est le Palais de justice », a poursuivi Me Lafontant. 



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