Louis Philippe Dalembert aux Carrefours dangereux

Publié le 2022-05-26 | lenouvelliste.com

L'œuvre romanesque de Louis Philippe Dalembert interpelle. C'est une écriture à nous faire voyager dans le quotidien haïtien avec ses mœurs et ses tares. Des écrits à nous plonger dans nos dures réalités à nous, à côtoyer les démons qui nous tiennent prisonniers. Les ouvrages de Dalembert promènent un miroir dans lequel la société haïtienne se reconnaît aisément.

Paru sous les presses de C3 Éditions, en 2014, le petit roman « Carrefours dangereux » de Louis Philippe Dalembert est une satire sociale. Ce petit ouvrage de 45 pages s'inscrit bien dans la démarche du romancier de mettre à nu nos tares et nos vices. De toucher la plaie du doigt. Ce petit livre relate l'histoire d'un inspecteur de police nommé Machòkèt, un personnage de trempe de Dieuswalouwe, un personnage cher à Gary Victor. Mais, Machòkèt, lui, est un homme au destin tragique.

Fraichement débarqué de Montréal, Machòkèt a voulu changer l'ordre des choses en Haïti. Intégrant la Police nationale d'Haïti, le diaspora voulait refaire le monde. Il n'a pas tardé à mettre ses compétences au service de cette institution qui a pour mission de protéger et servir. Il fait preuve d'un professionnalisme poussé et se voit confier des enquêtes délicates. Voilà un jour qu'il est chargé de mener une affaire qui fait déjà sept morts. Les cadavres de ces victimes sont changés en bœufs.

Armé de courage, l'inspecteur a voulu aller jusqu'au bout de cette enquête qu'il mène avec sérénité ; en dépit du fait qu'il soit conseillé de lâcher l'affaire. Etant sur la piste d'une ONG, dirigée par un certain Milagros, suspecte d'activités illicites, l'inspecteur était tout près du but. Devenant un élément gênant, Machòkèt est descendu par des malfrats à moto.

« Carrefours dangereux », un ouvrage qui interpelle. Ce récit  rapelle bien deux ouvrages de Gary victor: Soro et Saison de porcs. Dans ce petit livre, Dalembert expose la réalité sociale et peint un tableau sombre de nos institutions publiques. C'est bien une représentation conforme d'une société en décomposition, minée par la corruption dans toutes les sphères publiques.

Dans son livre, l'auteur essaie aussi de camper la bravoure d'un honnête homme qui se distingue. Un homme qui incarne la moralité et le sens de la loyauté. Un policier qui croit au triomphe de la justice un jour ou l'autre. Le romancier tire la sonnette d'alarme pour nous reveiller de notre léthargie, pour nous dire que nous empruntons une fausse route. 

Louis Philippe Dalembert met le doigt dans la plaie. C'est un ouvrage dans lequel l'auteur est très présent. Il prend la parole à la place du narrateur. Il fustige les ONG de tout acabit présentes en Haïti dont on ne connait la mission réelle. Il dénonce la connivence de ces organismes avec les représentants publics à leur solde. Il critique ouvertement la précarité de notre système policier en manque de matériel pour mener à bien son travail.



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