Devons-nous pousser un cri d’espoir ?

Publié le 2022-05-26 | lenouvelliste.com

Devons-nous pousser un cri d’espoir ? Verrons-nous enfin le bout du tunnel ? Pouvons-nous espérer essuyer toute larme de nos yeux, croire que les vols, les viols, les kidnappings, la mort ne seront plus, qu'il n'y aura ni familles déplacées, ni cris, ni douleurs, car l’ancien système et ses gangs ont disparu ?

Nous avons appris à travers les réseaux sociaux et les médias locaux que le premier ministre de facto et un membre influent de la Commission pour la Recherche d'une Solution haïtienne à la Crise (dite groupe Montana) se sont rencontrés. Nous souhaitons que ces entretiens constituent la fondation, les colonnes d’un pont de l’espoir ! Pour la santé mentale des citoyens, c’est mieux de supposer que les” représentants des accords” s’accorderont sinon…. En effet, nous sommes tentés de présager que la montagne accouchera d’une souris - tout au moins en ce qui concerne le peuple. Nous avons assez vu sous ce ciel d'Haïti pour présager la fin qui, si elle ne justifie pas la formule « passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné », sera une perte de temps.

Nous avons longtemps attendu un rapprochement des protagonistes des accords, plus précisément une certaine entente entre les rédacteurs des accords pour sortir le pays de cette dure souffrance qui perdure.  Nous ne l’avons jamais caché, et nous le répétons : l’accord de la Commission pour la Recherche d’une Solution Haïtienne à la Crise (CRSHC / Montana) malgré les petites failles, est bien pensé et offre, entre autres, l’opportunité d’avoir une Conférence Nationale - la seule voie vers “le vivre ensemble et l’agir ensemble''. Nous avons perdu beaucoup de temps et le pays continue de plonger dans le néant. Messieurs et dames, entrez dans la “danse du rassemblement “ pour sortir le pays de cette “contredanse de balles” provenant des kalachnikovs qui causent des transes chez les pauvres citoyens et les empêchent de vivre en paix. Messieurs et dames, faites preuve de sagesse pour tirer le pays de l'abîme où la cupidité des uns et l’incivisme des autres, pour ne citer que ces deux, ont conduit notre pays.

Ce n’est pas le moment de jouer au plus malin pour gagner du temps car le temps fait défaut à la population qui vit l’inacceptable. Il n'y a plus de place pour la fausseté ou la tromperie. La ruse, la malice et la dissimulation doivent quitter les lieux de réunion pour faire place à la vérité qui seule affranchira le peuple.

Bref, retournons à ce qui s’est dit ces derniers jours et réfléchissons ensemble ! Dans une publication du Nouvelliste datée du 10 Mai 2022 (sous la plume de Mr. Daudier), les déclarations de Sylvie Tabesse faites le 9 Mai et de Fabrice Mauries ont retenu notre attention. L’ambassadrice de l’Union Européenne, Madame Tabesse déclare que ”la volonté de trouver une solution” à la crise n’est pas là et elle a même consolidé sa déclaration en ajoutant : “Ce n’est pas que le gouvernement, c’est la société civile, le secteur économique. C’est tout le monde qui doit être d’accord pour dire on avance, on sort de l’impasse. Madame est bien consciente de ce dont elle parle, A-t-on oublié ce qu’est la stratégie : “Diviser pour régner”. Mme a ses entrées et sorties partout et elle a les oreilles de “ ce monde”. Assurément elle sait bien que tout le monde ne sera jamais d’accord ! Alors… Pourquoi pousser à une entente ? Nous ne comprenons pas cette dualité dans le raisonnement de Mme Tabesse.

L’Ambassadeur de France lui, Monsieur Mauries, avance : ” Dire que c’est la faute de l’étranger, c’est un mensonge…Il y a des responsabilités partagées.” Responsabilités partagées avec qui, pas avec le peuple mais plutôt avec une poignée d’individus qui ont vendu leurs âmes et font le sale boulot qui vise à gâcher l’avenir de toute une nation, à la détruire. Que ce soit un seul collabo ou une poignée qui partage la faute avec l’étranger, la faute n’est pas moindre, elle ne diminue pas… elle est entière. Alors nous n'avons identifié que des coupables !

Bref, que remarquons -nous après ces ”sorties” ? Le premier ministre de facto visite le camp qui donne du fil à retordre à ceux qui veulent se faire passer pour des gens de bien- qui n’exercent aucune pression. Après avoir ouvertement sollicité l'envoi de “matériels qui font tant défaut à la PNH” parce que "Haïti fait face au défi d’une stabilité politique”, le neurochirurgien, semblable à un comédien d’un film hollywoodien, exécute le rôle de vilain et revient avec cette “affaire de rencontres” pour trouver une solution à la crise. A noter que nous ne faisons pas référence à une “ solution haïtienne".

En effet, nous craignons que le camp qui jusqu’ici a laissé croire qu’elle recherchait une solution vraiment haïtienne, ne se ravise pas et que ses idées soient corrompues. Les va -et -vient chez l’étranger peuvent faire du tort. En effet, “ne nous y trompons pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs.” La CRSHC doit bien cerner les acteurs afin de mettre chacun ou chacune à sa vraie place. Les “pelures de bananes “sont là, donc attention à ne pas glisser et tomber en emportant l’espoir haïtien dans votre chute. Nous ne demandons pas à la CRSHC de rester figée, de s’éterniser dans sa zone de confort, mais plutôt de demeurer sage et de s'armer de discernement. Il s’agit pour elle de mettre en parallèle les propositions et de faire des rapprochements au besoin tout en ne déviant pas.

Nous désirons vraiment un dénouement heureux et prions que le malin fasse une œuvre qui le trompe et l'anéantisse même. Il ne faut pas sous-estimer les paroles du premier ministre de facto. Le défi à relever, c'est démonter la CRSHC (Montana) avec le soutien de ses patrons. N’oublions pas ce qu’a dit Mme Tabesse” Ce n’est pas que le gouvernement”...L’appui est là (même si ce sont des béquilles ajustables) et lui, le premier ministre de facto, demande une armature... En effet, tout s’enchaîne ; les réseaux sociaux annoncent déjà la mort de l’accord de la CRSHC (Montana).

Au moment où nous allons terminer ce texte, nous suivons sur les ondes d’une station locale, une traduction créole d’un document du premier ministre de facto remontant au 20 Mai. Et cela soulève encore plus de questionnements ou encore confirme nos appréhensions. Le premier ministre de facto tout en prêchant une certaine cohésion continue de soutenir tous les éléments de division : Il prétend avoir “un consensus suffisant sur les modifications essentielles à apporter à la constitution” , et envisage une procédure célère pour apporter les modifications”  ( Constitution de la continuité),espérant “une large concertation et en bout de ligne obtenir la sanction populaire” (référendum); il évoque ”la mise en place de structures transparentes et crédibles pour la réalisation des élections” soit un conseil électoral qu’il aura choisi pour la tenue de ces élections (alors son gouvernement sera toujours en place), un programme d’apaisement et nous savons qui sont toujours les bénéficiaires( les gangs).

Il fait allusion à une "conférence nationale” sans utiliser le terme (il a même fait mention d’un début de dialogue avec ses alliés). Tout compte fait, est-ce que le premier ministre n’a pas la solution toute faite ? Nous invitons la CRSHC à bien disséquer ce texte car chaque mot utilisé a été bien choisi et l’autopsie de ce texte révèle ce qu’il véhicule. Pourquoi tenir des rencontres alors que le premier ministre de facto ne veut pas bouger ? Nous n’avons pas besoin de ce spectacle… Il faut que le premier ministre fasse preuve de flexibilité et de patriotisme et mette en pratique ce qu’il prêche : ” l’heure n’était plus aux querelles stériles et encore moins aux luttes fratricides pour un pouvoir éphémère. La crise multiforme que connaît notre pays demande à chacun de l’abnégation et une capacité certaine de dépassement qui permettent de faire taire son égo,” 

Tout comme la Constitution de 1987, CRSHC représente un bouclier, un obstacle à abattre. Devons-nous espérer sortir du tunnel ou resterons-nous dans les ténèbres ? Est-ce que le premier ministre de fait compte accomplir un ultime méfait pour se hisser jusqu'au faȋte - la Présidence, “ un pouvoir éphémère" ?

Attendons voir…

Dr Winie Edugène Robin

camelotlancelot@yahoo.com

Conférence Nationale : Sauver Haïti (Facebook)

Dr Winie Edugène Robin camelotlancelot@yahoo.com
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