Premières réactions après les articles du New York Times

Publié le 2022-05-24 | lenouvelliste.com

La série d’articles du New York Times sur la rançon imposée par la France à Haïti en 1825 et ses conséquences ne suscite pas encore de réaction de la part du gouvernement haïtien. Le silence est total pour le moment.

La société civile, les intellectuels et la classe politique sont tout aussi silencieux.

Certains se demandent pourquoi cette charge et ces révélations, maintenant. Dans un pays convaincu de la permanence des complots, c'est une interrogation normale.

D’autres hésitent à prendre position. La question des réparations que la France devrait verser à Haïti a déjà déchiré la société haïtienne sur fond de lutte pour le pouvoir entre les pour et les contre Jean Bertrand Aristide, il y a seulement une vingtaine d’années.

Et c’est justement sur les éléments du début des années 2000 que la principale réaction a été émise. Elle provient d’un ancien ambassadeur américain en poste en Haïti à l’époque.

Dans une mise au point publiée dans le Miami Herald, James B. Foley, l’ambassadeur qui était en poste lors du deuxième départ du pouvoir de Jean Bertrand Aristide affirme : « L'affirmation selon laquelle les États-Unis ont collaboré avec la France pour monter un coup d'État contre le président démocratiquement élu d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide, une affirmation faite par d'anciens fonctionnaires français, est fausse. »

Plus loin, l’ambassadeur Foley précise : « La politique américaine n'a jamais consisté à rechercher ou à soutenir l'éviction d'Aristide, que nous avons reconnu comme le dirigeant dûment élu du pays. Nos négociations étaient centrées sur les réformes de gouvernance et l'achèvement du mandat d'Aristide. C'était d'ailleurs un point de friction majeur entre la France et les États-Unis. »

Voilà, c’est dit. 

L’autre réaction est venue de Daniel Baal Directeur général du Crédit Mutuel, d’Alliance Fédérale et du CIC, importante banque française

En quatre post sur son compte Twitter @BaalDaniel, il a déclaré : « Les dirigeants du 

@cic et son actuelle maison-mère, la Banque Fédérative du Crédit Mutuel, ont pris connaissance d’une série d’enquêtes du quotidien américain The New York Times à propos de Haïti et de la colonisation.

Cette série d’enquêtes mentionne notamment des liens supposés entre la Banque nationale d’Haïti à la fin du 19e siècle et la Société générale de crédit industriel et commercial d’alors, créée par Napoléon III.

Parce qu’il est important d’éclairer toutes les composantes de l’histoire de la colonisation – y compris dans les années 1870, la banque mutualiste financera des travaux universitaires indépendants pour faire la lumière sur ce passé.

Banque coopérative et mutualiste fondée en 1882 pour lutter contre l’usure, le @CreditMutuel défend les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité depuis sa fondation. »

Cette prise de position est la première d’un responsable français. Elle est d’autant plus importante qu’elle concerne l’argent.

Finance et politique se sont mariées pour extorquer à Haïti la rançon de l’indépendance et les prêts pour la payer. Cette double dette qui a retiré une bonne partie de ses chances à la jeune nation.



Réagir à cet article