Coup double du MENFP à Martissant

Deux écoles nationales situées à Martissant, contraintes de plier bagage en raison des affrontements entres les gangs, rouvrent leurs portes. Il s'agit des écoles nationales d'application de Martissant et la République du Pérou. La première école a accueilli des centaines d'élèves ce lundi tandis que l'école nationale République du Pérou a lancé les inscriptions pour l'année académique 2022-2023.

Publié le 2022-05-26 | lenouvelliste.com

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a franchi un pas important dans la reprise des activités scolaires à Martissant, quartier contrôlé par les gangs qui règnent en seigneur. L’école nationale d’Application de Martissant située dans les parages de l’église Sainte-Bernadette, a accueilli plusieurs centaines d’élèves ce lundi 23 mai. Ils y retournent, à cœur joie, dans leur établissement qu’ils ont forcé d’abandonner il y a de cela huit mois à cause de la fureur des gangs qui font parler la poudre dans la sortie sud de la capitale. Huit mois depuis que ces enfants scolarisés de Martissant ont été contraints de se déplacer vers l’école nationale Fortuna Guéry, non loin du Théâtre national.

Le directeur départemental de l’Éducation de l’Ouest a présidé la cérémonie de la réouverture de cette école à Martissant. France Etienne Louisseul a donné la garantie que le MENFP va continuer à accompagner les parents, les enseignants dans les quartiers difficiles qui se sont évertués à faciliter la reprise des activites scolaires.

Un retour caractérisé par la volonté des parents, des enfants qui veulent regagner leur établissement, a soutenu le responsable de la DDO-OUEST MENFP. Nous souhaitons que l'école nationale d'Application de Martissant  donne le ton pour que la prochaine année académique, d'autres écoles suivent leur trace,  a ajouté M. Louisseul.

De son côté, Claude Pierre Mannevilled, directeur de l'école nationale d'Application de Martissant en profite pour rappeler que la tâche est immense et difficile à réaliser dans un contexte qui nécessite beaucoup de sacrifices. Il sollicite par ailleurs un accomplissement en matériel scolaire et en uniforme au bénéfice des élèves pour la nouvelle année académique.

Une mère qui accompagne ces deux enfants dit souhaiter que les écoliers jouissent d'un appui psychologique et des jeux créatifs afin que leur  apprentissage  ne soit affecté par les tirs nourris dans la zone. La jeune mère veut que la vie reprenne dans cette zone marginalisée et gangrenée par les activités de banditisme. Elle ne cache pas ses réjouissances de voir le retour de ces enfants à l'ENAM.

À l'école nationale République du Pérou, la directrice Dorothie Nordéus rouvre l'inscription depuis le 18 mai pour les élèves qui ont abandonné l'école depuis 11 mois. Contrairement aux autres écoles, ces jeunes n'ont pas été hébergés dans d'autres espaces scolaires. 11 mois de perdus à cause des activités criminelles à Martissant. 

Pendant que des hommes armés dans la sortie sud de la capitale continuent de semer le deuil dans des familles, d'extorquer des membres de la population, de séquestrer des proies dans leur quartier, des écoles rouvrent leurs portes dans l'incertitude. Un pari gagné mais risqué.



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