Taïwan et Haïti s’accordent à rendre effective l’autonomisation des femmes haïtiennes

Le gouvernement haïtien, par le biais du ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Jean Victor Généus, et le gouvernement de la République de Chine (Taïwan) à travers son ambassadeur accrédité en Haïti, Wen-Jiann Ku ont signé un protocole d’entente le vendredi 20 mai 2022 en vue de l’implémentation d’un projet visant la relance économique et autonomisation des femmes en Haïti dans l’ère post-Covid-19. Ce projet pour lequel une enveloppe de 2.6 millions de dollars américains est mobilisée repose sur trois axes d’interventions : l’emploi, l’entrepreneuriat et l’inclusion financière des femmes.

Publié le 2022-05-20 | lenouvelliste.com

La cérémonie de signature a eu lieu à la petite salle de conférence du ministère des Affaires étrangères à Delmas 60 en présence de plusieurs hauts dignitaires du gouvernement haïtien, dont les ministres à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Sofia Loréus, et le ministre du Commerce et de l’Industrie, Ricardin Pierre. Ce projet, si l’on en croit leurs tenants, est de nature à aider les femmes et les petites et moyennes entreprises du pays à faire face aux impacts de la pandémie de coronavirus et promouvoir la relance économique et la stabilité sociale.

Plusieurs activités sont à entreprendre dans le cadre de ce projet. Les responsables vont mettre l’accent sur le renforcement institutionnel, sur la formation professionnelle et technique des femmes, sur l’assistance à l’incubation des entreprises des femmes et sur l’encadrement et l’aide financière aux micro, petites et moyennes entreprises du pays.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Jean Victor Généus, le Projet de relance économique et autonomisation des femmes en Haïti dans l’ère post-Covid-19 est en adéquation avec le Plan de réponse post-Covid  (PREPOC) 2020-2023 du gouvernement haïtien dont l’objectif est de relancer l’économie, remettre le pays sur la voie du développement et de la prospérité sociale et soutenir le bien-être de la population par la création d’emplois décents.

La crise sanitaire, poursuit le ministre, a mis à découvert les grands défis que la société haïtienne se doit de relever. L’inégalité entre les sexes en fait, dit-il, malheureusement partie. « Il n’est plus à démonter aujourd’hui que les femmes sont les plus touchées par l’augmentation du chômage, la pauvreté et la surcharge des soins non rémunérés.

Aussi, ajoute le ministre, plus de la moitié des femmes travaillent dans des secteurs à haut risque d’être affectées par le ralentissement économique. Il cite, entre autres, le commerce, le travail domestique, l’industrie manufacturière et le travail agricole. C’est en vertu de cette réalité que le gouvernement place la femme au centre des efforts de la relance économique », soutient M. Généus.  

Ce projet, au dire de l’ambassadeur de la République de Chine, illustre la volonté des deux gouvernements signataires de favoriser et de développer des actions de coopération dans le domaine de la promotion et de la protection sociale en ciblant les femmes haïtiennes qui jouent un rôle de premier plan dans le développement socioéconomique du pays.

Abondant dans le même sens, la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Sofia Lauréus, soutient que ce projet est d’une importance capitale pour la gent féminine. Il vise, affirme-t-elle, la stabilité sociale dans un contexte post-pandémique et correspond à l’un des trois piliers d’actions du ministère qui sont, énumère-t-elle, l’égalité homme-femme, la lutte contre la violence basée sur le genre et l’autonomisation des femmes.

Ainsi, poursuit la responsable, ce projet, qui vise l’assistance technique pour l’emploi, l’entrepreneuriat et l’inclusion financière des femmes, va aider dans l’avancement des objectifs sectoriels. Elle promet de tout mettre en œuvre pour assurer le rôle dévolu du ministère dans sa mise en œuvre. Aussi assure-t-elle de tout faire pour que ce projet soit en adéquation avec  d’autres initiatives relatives à l’entrepreneuriat féminin comme le fonds de garantie de la Banque de la République d’Haïti (BRH) pour les entreprises dirigées par des femmes.



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