Lancement des travaux du budget 2022-2023/Gouvernance

L’Etat met le cap « sur la qualité et l’efficience des investissements publics »

Publié le 2022-05-16 | lenouvelliste.com

L’Etat haïtien, dans le cadre du budget 2022-2023, va mettre le cap sur la qualité et l’efficience des investissements publics, a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, lors du « lancement des travaux de préparation » de budget, lundi 16 mai 2022. « Au niveau du budget 2022-2023, le cap sera mis sur la qualité et l’efficience des investissements publics. Avec les maigres ressources dont nous disposons, de concert avec le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), nous adopterons une approche pragmatique avec une priorisation stratégique des investissements dans les infrastructures résilientes », a-t-il annoncé, soulignant qu’à « travers cette démarche, on s’emploiera à réduire le décalage entre les investissements réalisés au titre d’investissements publics et la croissance économique ». « Le temps où des idées de projet étaient retenues dans le budget est révolu ? a-t-il ajouté.

Pour le budget de l’exercice 2022-2023, nous nous entendons pour que ne soient inscrits dans le  PIP que de véritables projets, c’est-à-dire ceux respectant les critères établis par la loi. Lors de la dernière mission d’évaluation du FMI sur la gestion des investissements publics, il est confirmé que l’efficience de l’investissement public en Haïti est estimée à 5 %, contre environ 39 % pour les pays à faibles revenus », a indiqué Michel Patrick Boivert, qui a également annoncé ce qui pourrait être un tournant vers cette efficience annoncée. « La réduction des dépenses de fonctionnement apparaît aujourd’hui comme une nécessité imparable. Elle constitue une problématique nouvelle qui amène à s’interroger sur les stratégies à mettre en place en vue de l’amélioration de la qualité des dépenses publiques », a expliqué Boisvert.

Le ministre de l’Économie et des Finances a par ailleurs annoncé des mesures concernant la fonction publique. « L’effectif de la fonction publique, en plus d’être vieillissant, est pléthorique. On devra s’attaquer à ce problème en élargissant le programme de départ à la retraite afin d’accueillir des jeunes tout en s’assurant de ne remplacer qu’un seul sur deux fonctionnaires partis à la retraite et là où c’est vraiment nécessaire », a indiqué Michel Patrick Boisvert.

« En ce qui concerne les dépenses de biens et services, la mise en application de l’arrêté révisant le seuil de passation de marchés publics reste un outil important pour leur rationalisation et devra favoriser des économies d’échelles. Sur un autre registre, a poursuivi le ministre de l’Économie et des Finances, sachant qu’Haïti n’a pas encore accès aux prêts non concessionnels et que les efforts de mobilisation soutenue des ressources domestiques n’auront leur plein effet qu’à moyen terme, nous comptons beaucoup sur le support des Partenaires techniques et financiers (PTF) ».

Aux cadres du MPCE, du MEF et de toute la fonction publique impliqués dans le processus d’élaboration du budget 2022-20323, Michel Patrick Boisvert a appelé « à redoubler d’efforts et à garder ce même esprit de collaboration afin de finaliser, dans les délais, un budget capable de répondre aux objectifs fixés par le gouvernement ». 

Selon les dispositions de la loi du 4 mai 2016 traitant de l’élaboration et l’exécution des lois de finances, le processus d’élaboration de ce budget devrait être normalement déjà à son stade de finalisation. En dépit des multiples efforts déployés pour respecter le calendrier, le poids des événements socio-politiques et climatiques continue de peser lourd sur le processus d’élaboration du budget général de la République, a souligné Boisvert.

« Malgré le contexte difficile, le lancement tardif du processus de préparation du budget 2022-2023 et par souci de respecter les engagements pris en termes de transparence, l’accent sera mis sur l’aspect participatif du document. Nous émettons le vœu que la situation sociopolitique et économique va se stabiliser au cours du reste de l’exercice fiscal 2021-2022 pour que le pays puisse être doté d’un budget dans le délai légal. Sachant que la période cyclonique débute dans moins d’un mois, nous exhortons la Direction générale de la Protection civile (DGPC), à travers le Plan national de gestion des risques et des désastres (PNGRD), à anticiper les préparatifs de réponses aux chocs », a souligné Boisvert avant d’évoquer les orientations et priorités du gouvernement.

Les orientations et priorités du gouvernement se définissent dans les sept principaux documents qui servent de référence pour les engagements. Il s’agit du : i) Plan Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH) ;ii) Plan de rationalisation des dépenses fiscales (PRDF) arrivé à sa dernière année de mise en œuvre ;

iii) Programme de Relance économique Post-Covid (PREPOC) ;

iv) Plan de Relèvement Intégré de la péninsule du Sud (PRIPS) qui sera à partir d’octobre 2022 à sa deuxième année de mise en œuvre ; 

v) la Politique nationale de protection et de promotion sociales (PNPPS) ; vi) les Objectifs de Développement Durable (ODD) ; et  vii) le récent Programme Économique et Financier de référence négocié avec le Fonds monétaire international (FMI) qui sera signé dans les prochains jours, a-t-il indiqué. 

« Ainsi, nous comptons poursuivre avec nos efforts pour renforcer la gestion des finances publiques afin d’améliorer la qualité des dépenses publiques. Dans ce même dessein, nous nous engageons à travailler à la mise en place de notre premier Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) sur les trois prochaines années budgétaires (2023-2024--2025), avec comme point d'ancrage principal le déficit du secteur public non financier. Cela devrait aider à faciliter la formulation du budget annuel et permettre ainsi une augmentation des investissements publics tout en gardant une trajectoire compatible avec leur viabilité », selon le ministre de l’Économie et des Finances.

« Il nous faut, a-t-il fait savoir, garder constamment à l’esprit que la mobilisation des recettes demeure une des priorités essentielles du gouvernement. Les réformes de l'administration fiscale, combinées à l’adoption et à la mise en œuvre du Code douanier et du tarif extérieur commun, devraient nous permettre de faire remonter la pression fiscale à au moins 7% d’ici les trois prochaines années. En ce sens, les administrations fiscales et douanières seront donc renforcées afin d’arriver à une véritable simplification du système fiscal haïtien d’ici 2024-2025 tel que consigné dans l’avant-projet Code général des impôts (CGI) et du Livre des procédures fiscales (LPF) ».



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