210 milliards de gourdes pour le budget 2021-2022

Publié le 2022-05-12 | lenouvelliste.com

Le ministre de l’Economie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, dans son exposé des motifs du « budget général de l’exercice fiscal 2021-2022», a présenté les voies et moyens et des estimations de différents indicateurs macro-économiques. « Les ressources du budget général de l’exercice fiscal 2021-2022 s’élèvent à 210.5 milliards de gourdes dont 57 % de recettes courantes. Des 120.1 milliards de recettes courantes, 59.3% (soit 71.2 mds) proviennent des recettes internes et 40.7% ( soit 48.8 mds) de recettes douanières », a indiqué Michel Patrick Boisvert.  « L’apport espéré des partenaires extérieurs est à hauteur de 24.3 milliards de gourdes dont 4.6 milliards d’appuis budgétaires et de 19.6 milliards au titre de dons et emprunts projets. Le budget sera aussi financé par des émissions de bons du Trésor de l’ordre de 12.48 milliards de gourdes et de 46.47 milliards de gourdes au titre de financement monétaire par la BRH », a-t-il poursuivi avant de partager des informations sur les projections de dépenses.

Quid des dépenses?

« Les dépenses projetées sont donc de l’ordre de 210.5 milliards de gourdes, soit une hausse de 9.1% par rapport au budget antérieur. Cette hausse des dépenses, a souligné le ministre de l’économie et des finances, Michel Patrick Boisvert, traduit la volonté du Gouvernement de relancer définitivement l’activité économique, d’atténuer les retombées négatives de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, d’ajuster les salaires des fonctionnaires et d’implémenter des programmes sociaux en faveur des couches les plus vulnérables pour mitiger les impacts de l’ajustement des prix des produits pétroliers, réalisé au cours du mois de décembre 2021 ».

« Les dépenses courantes, selon le grand argentier de la république, augmenteront de 17.2 % par rapport à l’exercice précédent pour atteindre 141.9 milliards de gourdes. Cette hausse des dépenses courantes est imputable à celle des traitements et salaires qui sont de l’ordre de 66.8 milliards de gourdes, soit une augmentation de 11.8% par rapport à l’exercice précédent, par contre les dépenses de biens et services reculent de 2.6%. Par ailleurs, les dépenses de subventions sont en nette progression (79.7%) en raison notamment de la prise en compte de la subvention des produits pétroliers (20.1 milliards de gourdes).

Les dépenses d’investissements publics dans le budget de l’exercice fiscal 2021-2022 s’élèvent à 38.4 milliards de gourdes et seront financées à hauteur de 39.9% par des ressources nationales (15.3 mds gourdes), et à 60.1% par des dons et emprunts projets correspondant à 23.1 milliards de gourdes », a détaillé Michel Patrick Boisvert, soulignant que « l’ensemble des défis auxquels est confrontée l’économie haïtienne ne peuvent être résorbés au cours des cinq (5) mois restants au cours de cet exercice fiscal, compte tenu des contraintes financières et de la faiblesse de nos institutions. » « Cependant, à travers des actions fortes, visibles et efficaces en vue d’accélérer le processus de sortie du pays de sa situation délétère et renouer ainsi avec la croissance après trois années consécutives de récession économique, ce nouveau budget opte pour :le rétablissement d’un climat politique et sécuritaire serein pour faciliter la tenue des élections en vue du renouvellement du personnel politique ;le financement du Plan de Relèvement Intégré de la Péninsule Sud (PRIPS) ravagée par le séisme du 14 aout 2021 ;la mise en œuvre de la Politique Nationale de Protection et de Promotion Sociale (PNPPS) ;le financement des campagnes agricoles pour mitiger la hausse anticipée de l’inflation, notamment à cause des impacts de  la crise géopolitique en Europe de l’Est ;la mobilisation des ressources domestiques de manière à être moins dépendant de l’aide externe et aussi rétablir l’équilibre budgétaire ;la réduction du financement de la Banque de République d’Haïti (BRH) par rapport à son niveau de l’exercice fiscal précédent; la poursuite de la  mise en œuvre du Plan de Rationalisation des Dépenses Fiscales (PRDF) ;le relèvement des salaires dans la fonction publique suite à l’ajustement  du salaire minimum », a longuement expliqué Michel Patrick Boivert qui a fait des estimations de certains indicateurs macroéconomiques d’ici au 30 septembre 2022.

Les grandes estimations

« Le budget général de l’exercice fiscal 2021-2022 table sur les estimations suivantes :un taux de croissance du PIB réel de 0.3% après trois années consécutives de récession économique ;un taux d’inflation estimé à 27.3% en glissement annuel ; des recettes fiscales totales de l’ordre de 120.1 milliards de gourdes soit une augmentation de 33% par rapport à la collecte par rapport aux réalisations de l’exercice précédent ;un taux de pression fiscale estimé à 6% contre 5.7% pour l’exercice antérieur ;des dépenses totales estimées à 9.1%  du PIB contre 7.4% en 2020-2021 ;des émissions nettes de trésorerie de 12.48 milliards de gourdes contre 5.6 milliards de gourdes pour l’exercice passé ;un niveau de financement monétaire de 46.47 milliards de gourdes soit 17.8% de moins que l’exercice antérieur », a indiqué Michel Patrick Boivert qui se fend d’un conseil à ses pairs. « Je vous invite à prioriser les dépenses que vous estimeriez essentielles pour le fonctionnement de vos administrations. Car, il y va, a-t-il poursuivi, de la participation et de la responsabilité de nous toutes et de nous tous afin de préserver les grands équilibres macroéconomiques, garants d’une croissance économique viable ».

« Pour mieux faire face aux défis complexes auxquels le pays est confronté et atténuer les effets négatifs de la guerre en Europe de l’Est sur la population, le Gouvernement, à travers le budget 2021-2022, compte engager des actions pour garantir un climat sécuritaire stable dans le pays et voler au secours des couches les plus vulnérables à travers la mise en œuvre d’un vaste programme social. Ces différentes actions vont se matérialiser à travers le Programme d’Actions Prioritaires (PAP) qui s’inspire de la Politique Nationale de Protection et de Promotion Sociales (PNPPS), du Plan de Relèvement Intégré de la Péninsule Sud (PRIPS) après le tremblement de terre du 14 août 2021 et des Objectifs de Développement Durable (ODD) », a indiqué Michel Patrick Boisvert.

Avec la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les perspectives ne sont pas reluisantes, a mis en avant Michel Patrick Boisvert. « …Depuis le 24 février 2022, date du début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la chaîne d’approvisionnement mondial est perturbée, ce qui entraîne un renchérissement des prix des produits de base, dont le pétrole tant sur les marchés internationaux que domestiques. Tout laisse à croire que les conséquences qui sont déjà désastreuses pour les économies le seront davantage à l'avenir, notamment pour les États en situation de fragilité, dont Haïti », a prédit le ministre de l’Economie et des Finances.



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