Affrontements entre gangs, la police «réagit avec ses faibles moyens»

Les policiers ne disposent pas de matériel adéquat pour affronter les bandits, s'est alarmé Gesner Morlant, porte-parole du Syndicat national des policiers haïtiens (SYNAPOHA). Ils sont aussi victimes de la guerre des gangs que les déplacés de la plaine du Cul-de-Sac et ses environs. Le policier questionne la bonne foi des autorités à résoudre le problème de l’insécurité.

Publié le 2022-05-03 | lenouvelliste.com

Deux semaines depuis que les affrontements entre le gang « 400 Mawozo » et celui dénommé « Chen Mechan » battent leur plein dans la plaine du Cul-de-Sac. Malgré les annonces de la PNH au sujet des opérations menées en plaine au début de la semaine pour reprendre le contrôle de la situation, le calme tarde à s’installer. les riverains  continuent à déserter leurs habitats. « Jiskaprezan lapolis se ak zong li l ap reyaji », a dénoncé Gesner Morlant, intervenant à la matinale de Magik 9. L’arsenal des policiers n’est pas proportionnel à celui des bandits a, rappelé le porte-parole du SYNAPOHA. « Les bandits ont des munitions pour maintenir l’hostilité avec les policiers à longueur de journée alors que l’État se trouve en difficulté pour nous doter de munitions en quantité suffisante pour réagir », a rapporté le policier, qui a fait savoir qu’un « gilet pare-balles et un casque sont jusqu’à présent un luxe pour les membres de la PNH ». Selon Gesner Morlant, la base de la Brigade d’intervention motorisée (BIM), située à Clercine, et le commissariat de Tabarre qui sont non loin de la zone d’affrontement entre les gangs ne sont jamais renforcés alors qu’ils sont constamment sous menace d’attaques des bandits. Quant à l'entraînement régulier des policiers, «cela ne se fait presque plus, sauf s'il y a un événement spécial », a révélé M. Morlant.

Gesner Morlant s'est interrogé sur la volonté des autorités à résoudre le problème de l’insécurité. Il croit que la situation sécuritaire de la plaine du Cul-de-Sac ne se serait pas aussi dégradée, si elles avaient pris en compte les recommandations que le syndicat avait l’habitude de faire. M. Morlant a déclaré ne pas comprendre la stratégie du haut commandement de la PNH dans la lutte contre les gangs, avançant que les « bandits fonctionnent à plein régime » alors que « la police qui est une institution qui travaille en permanence », intervient par intermittence. « Nous demandons pourquoi lors des opérations les policiers interviennent avec un défilé de grand cortège alors qu’il y a dans ces zones des antennes qui localisent leur position, leur mode de déplacement », a déploré le porte-parole du SYNAPOHA. 

Les policiers ne sont pas exempts des conséquences de la guerre des gangs dans la Plaine du Cul-de-Sac. « Des policiers de la BIM ou ceux qui sont affectés au commissariat de Tabarre qui demeuraient à Croix-des-Bouquets, à Torcelle, à Clercine, à Croix-des-Missions sont actuellement dans la rue. Ils cherchaient à habiter à proximité de leur lieu d’affectation », a informé  Gesner Morlant, qui pourtant a signalé la volonté des policiers de faire front contre l’insécurité. « Nous avons de la volonté. Nous voulons réagir », a-t-il affirmé. 

Joint par Le Nouvelliste, le porte-parole de la Police nationale d’Haïti, Garry Desrosiers, a confirmé l’intervention de la PNH pour repousser les bandits. « De notre côté, nous utilisons les moyens dont nous disposons pour rétablir l’ordre. Depuis le début nous avions pris des dispositions. Maintenant notre opération est à une phase avancée. 3 policiers ont été blessés. Au moins 5 armes ont été saisies. Plusieurs bandits ont été blessés mortellement. Malheureusement, il y a des victimes au niveau de la population », a détaillé le porte-parole.



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