Nippes : une épidémie décime les cocotiers

Une épidémie ronge les cocotiers du département des Nippes depuis environ 6 mois, confirme Charlot Murat, entrepreneur agricole évoluant dans la région. Cinq communes, dont Miragoane, Baradères, « deux bastions du cocotier du pays », sombrent sous le poids de la pathologie.  Selon l’agriculteur, les autorités étatiques sont, jusqu'à présent, aux abonnés absents. Il fait appel à une intervention rapide du gouvernement. 

Publié le 2022-04-21 | lenouvelliste.com

Les jours sombres des cocoteraies du pays se multiplient. C’est au tour des cocotiers du département des Nippes de plier sous cette épidémie qui décime les cocotiers du pays. « D’abord elle produit une poudre blanche qui atteint les feuilles, puis, en peu de temps elle provoque leur jaunissement et les assèche avant d’attaquer et de détruire la noix de coco », a expliqué Charlot Murat, qui est intervenu à la matinale de Magik9 le mercredi 20 avril 2022. La progression de l’épidémie dans le département des Nippes a été remarquée durant la fin du dernier trimestre de 2021. Cinq communes et deux localités sont déjà touchées dans le département. « Nous l’avons observée d’abord à Miragoâne, ensuite à Madian, puis à Petite-Rivière-de-Nippes, l’un des bastions de cocotiers dans le pays. Il a progressé à Kawouk avant d’atteindre Anse-à-Veau. Maintenant il progresse vers Petit-Trou-de-Nippes, Barradères, un autre bastion de cocotiers », a détaillé l’entrepreneur agricole. « Nous avons fait ces observations depuis déjà 4 ou 6 mois », a-t-il fait savoir. 

Charlot Murat n’est pas seulement préoccupé par la disparition des cocotiers. Il redoute d’autres conséquences graves si aucune intervention n’est menée. « Nous avons commencé à observer que des bananiers, étant à proximité des cocotiers infectés, sont aussi touchés par le virus. Nous avons un problème majeur, si nous n’agissons pas, nous risquons de connaitre d’autres problèmes encore plus graves », a-t-il alerté.  

« Ce problème nous dépasse », a reconnu M. Murat, qui admet ne pas pouvoir concocter de solutions personnelles. L’entrepreneur agricole ne croit pas que des stratégies isolées puissent apporter une véritable solution. Charlo Murat croit que la solution doit venir de l’Etat. « Si vous résolvez le problème chez vous, alors qu’il persiste chez votre voisin, la probabilité qu’il vous revienne est très élevée. Nous ne demandons pas une aide pour des fermiers qui ont une ferme de 20, 100 ou 200 cocotiers. Nous lançons l’appel à l’aide pour tout le pays », a-t-il déclaré. « Le repeuplement des cocoteraies du pays nécessite un engagement national, notamment gouvernemental », a-t-il ajouté.   

Cependant, malgré l’ampleur que prend l’infection des cocotiers dans le département des Nippes, l’entrepreneur dit ne pas remarquer la présence des autorités étatiques. « Depuis un certain temps, les autorités (ministère de l’Agriculture) ne communiquent plus avec nous. Nous ne savons pas ce que l’État est en train de réaliser », a-t-il regretté. 

Selon Charlot Murat, le cocotier est une importante filière. Il est destiné à plusieurs utilisations nutritives et décoratives. C' est une source de revenu considérable. « Un cocotier peut produire entre 60 et 200 noix de coco par an », a précisé l’agriculteur. Depuis les dernières décennies, les Dominicains produisent entre 50 % et 60 % du cocotier consommé dans le pays, selon Charlot Murat. 



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