Nos institutions en lambeaux

Publié le 2022-04-04 | lenouvelliste.com

Les jours passent, la crise haïtienne se détériore. L’effet de cette crise profonde se répercute sur nos institutions publiques dont le fonctionnement résume l’état de santé de l’Etat haïtien. Dans tous les domaines, l’Etat est incapable de fournir des services aux citoyens. On se demande s’il y a un domaine dans lequel l’Etat haïtien n'a pas failli.

Si oui, ce n’est pas dans le domaine de la sécurité. Aujourd’hui encore, les autorités peinent à reprendre le contrôle de l’entrée sud de la capitale prise en otage par des gangs. Cela fait déjà 10 mois que l’Etat est délogé par des gangs armés à Martissant et ses zones environnantes. Les promesses des Premiers ministres successifs d’y rétablir l’autorité de l’Etat ne sont jamais concrétisées. On ignore si le Premier ministre Ariel Henry se souvient avoir promis de reprendre le contrôle de la route de Martissant.

Si on note une certaine présence policière dans certaines rues de la capitale, nous sommes loin, voire très loin de la période où les citoyens pouvaient vaquer à leurs occupations sans crainte de se faire kidnapper.

Si les forces de l’ordre se montrent incapables de protéger les vies et les biens, la justice haïtienne ne fait pas mieux. D’ailleurs, la justice cherche par tous les moyens à fuir le Bicentenaire au profit des gangs armés qui opèrent dans les environs du palais de justice. Une justice qui ne dérange plus. Si les gangs opèrent tranquillement dans les parages du palais de justice, ceux qui sont soupçonnés de corruption ou accusés d’implication dans des crimes d’Etat ne sont pas non plus inquiétés. Les dossiers Monferrier Dorval et Jovenel Moïse en sont les parfaites illustrations.

S’il y a un domaine où l’Etat est présent, ce n’est pas dans la santé. Les hôpitaux publics gérés par l’Etat sont aussi malades que les malades qu’ils doivent traiter. L’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti vient de passer plus d’un mois en grève. La levée de la grève n’est pas synonyme de la reprise des activités dans la mesure où les grévistes exigent que le centre hospitalier soit pourvu de matériel avant de reprendre du service. Que cette revendication soit satisfaite ou non, rendez-vous dans quelques mois pour une nouvelle grève pour les mêmes causes dans la mesure où les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Sur la liste des institutions qui symbolisent la faillite de l’Etat, on doit ajouter l’Ed’H. Il est peut-être impossible de trouver une institution publique qui présente mieux cette image que l’Ed’H. ça et là, on se plaint du blackout. Il arrive que des quartiers passent des semaines dans le noir. Définitivement, il semble que cette institution publique a mis la clef sous la porte.

Pourtant, l’électricité 24h/24 a été le projet phare de l’ancien président Jovenel Moïse. Environ huit mois après son assassinat, le pays est plongé dans le noir. Encore de l’énergie et des millions de dollars gaspillés dans des projets sans lendemain. L’Etat fait-il mieux dans d’autres secteurs ?



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