Augmentation de 58,45 % des cas de kidnapping au premier trimestre, selon le CARDH

Publié le 2022-03-30 | lenouvelliste.com

Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), dans son bulletin # 7, a  fait état d’une augmentation de 58,45 % des cas de kidnapping au premier trimestre 2022 comparativement à la même période en 2021. Le rapport évoque aussi les gangs qui kidnappent à tour de bras et les efforts de la PNH pour affaiblir le gang 400 Mawozo, à Croix-des-Bouquets. 

« La Cellule d’observation de la criminalité (COC) du Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme a recensé 225 cas de kidnapping pour le premier trimestre de 2022 contre 142 pour celui de 2021, une augmentation de 58,45% », peut-on lire dans ce rapport dont le journal Le Nouvelliste a obtenu copie, mercredi 30 mars 2022. 

Soixante-treize cas de kidnapping ont été enregistrés pour le mois de janvier 2022 contre 65 en janvier 2021 ; 81 pour le mois de février 2022 contre 50 en février 2021 ; 71 pour le mois de mars 2022 contre 27 en mars 2021 », a détaillé le rapport du CARDH, soulignant que « cela laisse présager une augmentation pour l’année 2022 si les promesses faites lors des deux réunions de haut niveau sur Haïti ne se matérialisent pas ». Ce rapport a rappelé que ces promesses sont de l’ordre de 160 millions de dollars américains. Les États-Unis ont promis 115 millions de dollars américains, le Canada, 50 millions de dollars canadiens et la France, 6.5 millions d’euros.

Le rapport du CARDH a indiqué par ailleurs que « pour le dernier trimestre de 2021, 404 cas de kidnapping ont été recensés ».

Grand-Ravin et alliés redeviennent les « géants » du kidnapping, selon le CARDH. « Portail Léogâne, Bas Peu-de-Chose, rue Capois, Champ de Mars, avenue Christophe, Lalue, avenue Poupelard, Bourdon, Turgeau, Canapé-Vert, Bois Verna… sont devenues des zones rouges où le gang de Grand-Ravin et ses alliés kidnappent quand ils le veulent. Paradoxalement, a poursuivi ce rapport, une présence plus constante de la police est constatée dans ces zones ».

Le processus de « neutralisation » du gang 400 Mawozo par la police, ses alliés se renforce 

« Les interventions systématiques de la police à la Croix-des-Bouquets ont, dans une certaine mesure, affaibli le gang 400 Mawazo qui, entre juillet et décembre 2021, était responsable en moyenne de 60% des cas du kidnapping. Des membres du groupe ont été stoppés (tués), d’autres en cavale ont été arrêtés… Moins de 20% des cas de kidnapping ont été répertoriés à la Croix-des-Bouquets pour le premier trimestre de 2022 », peut-on lire dans le rapport du CARDH.

« Parallèlement, a fait remarquer ce rapport, la Cellule d’observation de la criminalité (COC) constate que les alliés de 400 Mawozo se renforcent particulièrement à Tabarre, à Torcel, à Pétion-Ville (vers le Nord). Ainsi, Pernier est devenu un foyer et les gangs de Martissant reprennent le « leadership », avec en moyenne 45% des kidnappings pour le premier trimestre de 2022 ».

« Il faut noter que d’autres axes se développent à Port-au-Prince et dans les villes de province. Les efforts de la police sont appréciables. Cependant, elle n’a pas les moyens d'intervenir simultanément dans les principaux foyers de gangs : armes et accessoires, matériel, unités adaptées à la nouvelle configuration des gangs, technologie, financement », a indiqué le CARDH.

Quid de rançon ?

«  En 2020 et en 2021, presque toutes les victimes avaient versé une rançon. A partir de 2022, non seulement la rançon a augmenté, mais aussi certaines victimes en ont versé jusqu’à trois. Des citoyens ont été enlevés dans leur résidence, des professionnels dans leur cabinet. Les gangs opèrent avec facilité. Aussi, des victimes sont enlevées dans leur résidence, sur des axes routiers où il y a une présence policière constante».

Séquestration

« Pour le premier trimestre de 2022, les victimes sont gardées plus longtemps comparativement à l’année dernière », peut-on lire dans ce rapport révélant que la tendance observée indique que « les rapts collectifs sont en nette augmentation ». « Pour le premier trimestre de 2022, au moins dix rapts collectifs ont été déjà enregistrés, dont huit à Martissant, ce qui laisse comprendre que l’axe principal du kidnapping retourne progressivement à Martissant ; mais d’autres se développent », selon ce rapport du CARDH.



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