Crise politique/Dialogue

Dialogue politique : Une émissaire américaine rencontre les protagonistes

Pour tenter de relancer le processus de dialogue politique entre le Premier ministre et les membres de l’accord de Montana, la secrétaire d’État adjointe aux opérations de conflit et de stabilisation s’est entretenue mardi séparément avec Ariel Henry et le Bureau de suivi de l’accord de Montana. En visite en Haïti depuis le 7 mars, Anne Witkowsky indique que les Etats-Unis continuent d’encourager le dialogue pour arriver à un large consensus politique.

Publié le 2022-03-08 | lenouvelliste.com

On ne sait pas encore si les protagonistes vont reprendre les négociations interrompues le 14 février dernier. Cependant, à l'issue de sa rencontre avec les membres du Bureau de suivi de l’accord de Montana, la secrétaire d’État adjointe aux opérations de conflit et de stabilisation a déclaré sur son compte Twitter : « Bonne discussion aujourd’hui à l’ambassade des Etats-Unis en Haïti avec les signataires de l’Accord du Montana sur les besoins de stabilisation à long terme d’Haïti. Les États-Unis continuent d’encourager le dialogue entre tous les Haïtiens pour parvenir à un large consensus politique. »

De son côté, la Primature a informé aussi sur Twitter que « Le Premier ministre Ariel Henry s’est entretenu, ce mardi, avec la secrétaire d’État adjointe américaine aux opérations de conflit et de stabilisation, Mme Anne Witkowsky. Ces échanges ont porté, entre autres, sur les questions de sécurité, des élections, du dialogue interhaïtien. »

Lors de cet entretien,  a ajouté la Primature, « le chef du gouvernement a réaffirmé sa ferme volonté de restaurer la sécurité et de poursuivre le dialogue national avec les forces vives du pays, en vue d’un large consensus dans la perspective des prochaines consultations populaires. »

Après l’échec, le 14 février dernier, de la deuxième rencontre de négociations entre les membres de l’accord de Montana, Ariel Henry et ses partenaires de l’accord du 11 septembre, les représentants de l’accord de Montana posait trois conditions pour continuer à négocier avec le Premier ministre Ariel. D’abord, « que le chef du gouvernement en place déclare publiquement surseoir, le temps des discussions pour la recherche d'un consensus, à la nomination illégale des juges de la Cour de cassation, à la mise en place de son Conseil électoral provisoire, de son Assemblée constituante et de son autorité de contrôle, autant de décisions qui ne peuvent être légitimées que par un large consensus », lit-on dans la correspondance envoyée le 14 février au locataire de la Primature.

Ensuite, le bureau de suivi de l’accord de Montana exige « que le chef du gouvernement en place, au nom de la moralisation de la vie politique, déclare être prêt à répondre à toute invitation de la justice et à faciliter la reprise de l'enquête seule à même de contribuer à lever les allégations relatives à son implication dans ce dossier. Enfin, que le siège des rencontres soit déplacé vers un lieu neutre, un hôtel dont les coûts seront pris en charge à égalité par les deux parties. »

Interrogé par Le Nouvelliste pour savoir si le BSA maintient ces préalables pour la reprise du dialogue avec Ariel Henry, un membre du Bureau de suivi de l’accord de Montana qui n’a pas voulu être cité a confié au journal : « Le BSA attend toujours la réponse à sa lettre du 14 février.  Il n’a encore rien reçu. »

Notre source au BSA a souligné qu’à aucun moment les échanges avec la secrétaire d’état ajointes n’ont porté sur ce sujet.  « C’était une rencontre d’écoute réciproque. Madame Witkowsky sur la volonté des Etats-Unis de contribuer à une stabilité sur le long terme en Haïti, une nouvelle approche des relations avec les pays de la région, en insistant sur le long terme et son soutien à une solution haïtienne, un pacte politique entre les Haïtiens. Le BSA sur sa compréhension de la crise haïtienne, séculaire, multidimensionnelle et sur les fondements du processus de Montana, les étapes accomplies jusqu’ici.  Il n’a pas été question du dialogue avec Dr Ariel Henry, ni de la conjoncture », a rapporté notre contact qui a pris part à la rencontre.



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