CNSA/ Panier alimentaire et conditions de sécurité alimentaire

Augmentation des prix des produits alimentaires et aggravation de l’insécurité alimentaire

Publié le 2022-03-08 | lenouvelliste.com

« Au cours du mois de janvier 2022, le panier alimentaire moyen a augmenté de (3%) par rapport au mois de décembre 2021 et accuse une augmentation de 54% en rythme annuel », lit-on dans le bulletin Panier alimentaire et Conditions de sécurité alimentaire, février 2022 de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA). « Le coût nominal moyen du panier alimentaire, en janvier 2022, se situe autour de 2 800 gourdes par personne et par mois soit 14 000 gourdes pour une famille de 5 personnes contre 2 708 gourdes en décembre 2021, soit respectivement une augmentation de 3% en rythme mensuel et une augmentation de 54% en rythme annuel. Compte tenu du besoin de 2 100 kilocalories suivant les normes SPHERES, le coût nominal moyen du panier alimentaire du mois de janvier 2022 est de 3 144 gourdes par mois, soit 15 721 gourdes pour une famille de 5 personnes », révèle la CNSA.

Tous les produits constituant le panier alimentaire de la CNSA sont en hausse : la farine de blé (6%), le sucre blanc (6%), le maïs local (5%), le maïs importé (4%), le riz local (4%) et l’huile végétale (4%).  « En rythme mensuel, à l’exception du marché régional de Jacmel où le panier est relativement stable et celui de Jérémie pour lequel une faible baisse est observée, le coût du panier sur tous les autres marchés régionaux est en hausse. Cette hausse varie de 3% à 9%. En glissement annuel, le coût moyen du panier alimentaire a augmenté au niveau de toutes les régions du pays. Les plus fortes hausses observées au niveau des Cayes (79%), de Jérémie (67%), de Port-au-Prince (62%), de Fond-des-Nègres (59%), de Jacmel (56%) et de Ouanaminthe (54%). Les autres marchés régionaux affichent une hausse allant de 38% à 46%. En rythme mensuel », explique le bulletin.

Plusieurs facteurs sont évoqués par la CNSA pour expliquer cette hausse du panier alimentaire. « L’augmentation du coût du panier, tant en rythme annuel qu'en rythme mensuel, résulte de la dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain et aussi par rapport au peso dominicain, étant donné que les produits les plus consommés par les ménages sont issus de l’importation. Elle s’explique aussi par l’insécurité grandissante restreignant l’approvisionnement des marchés, la hausse du prix du carburant et les effets du séisme sur l’approvisionnement des marchés. A cela, s’ajoutent l’épuisement des stocks et la faible performance des précédentes récoltes », argumente la CNSA.

En ce qui concerne le taux de change, la CNSA souligne : « de janvier 2021 à janvier 2022, le change est passé de 72,4 gourdes à 101,2 gourdes pour un dollar, soit une appréciation de la monnaie américaine de 40%, sans tenir compte des taux de change réellement pratiqués sur le marché informel en raison de la rareté de cette devise sur le marché. »

Pour ce qui est des conditions de sécurité alimentaire, la CNSA dit s’attendre à une légère dégradation entre mars et juin 2022. « Les conditions de sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables demeurent préoccupantes. Selon la dernière analyse IPC2 (Indice des prix à la consommation) réalisée au mois de septembre de l’année 2021 pour la période projetée allant de mars à juin 2022, 14% de la population analysée, soit environ 1.3 millions de personnes, seront en phase 4 de l’IPC (urgence) et 33%, soit environ 3.2 millions de personnes en phase 3 de l’IPC (crise). Globalement, 46% de la population seront en besoin d’une action urgente pour la période de projection », prévoit la CNSA.  Quand les analystes de la CNSA faisaient cette projection, ils ne s’attendaient nullement à une augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe dans le pays. Ils ne pensaient pas aussi à une aggravation de la situation sécuritaire à Martissant et à Croix-des-Bouquets.  



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