Grand air

La rive les mains tremblantes Descendait sous la pluie Un escalier de brumes Tu sortais toute nue Faux marbre palpitant Teint de bon matin Trésor gardé par des bêtes immenses Qui gardaient elles du soleil sous leurs ailes Pour toi Des bêtes que nous connaissions sans les voir Par-delà les murs de nos nuits Par-delà l'horizon de nos baisers Le rire contagieux des hyènes Pouvait bien ronger les vieux os Des êtres qui vivent un par un Nous jouions au soleil à la pluie à la mer A n'avoir qu'un regard qu'un ciel et qu'une mer Les nôtres.

Paul Eluard
21 févr. 2022 — Lecture : 1 min.
Grand air

Soleil couchant

La rive les mains tremblantes

Descendait sous la pluie

Un escalier de brumes

Tu sortais toute nue

Faux marbre palpitant

Teint de bon matin

Trésor gardé par des bêtes immenses

Qui gardaient elles du soleil sous leurs ailes

Pour toi

Des bêtes que nous connaissions sans les voir

Par-delà les murs de nos nuits
Par-delà l'horizon de nos baisers
Le rire contagieux des hyènes
Pouvait bien ronger les vieux os
Des êtr

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