Crise politique

Un 7 février paralysé sans appel à la grève ni mouvement de protestation

Port-au-Prince et les zones avoisinantes se sont réveillés le lundi 7 février 2022 sur le qui-vive. Les écoles ont gardé leurs portes fermées, les transports en commun ont été fortement perturbés. La plupart des banques commerciales et le commerce formel n'ont pas fonctionné. Même l'administration publique n'a pas fonctionné. Dans les rues pratiquement désertes, une importante présence policière a été constatée.

Publié le 2022-02-08 | lenouvelliste.com

Comme personne ne savait ce qui allait se passer, les gens ont préféré rester chez eux. Cependant aucun incident n'a été enregistré au cours de cette journée. Plusieurs officiels et personnalités politiques se sont adressés à la nation le 7 février 2022. Le Premier ministre Ariel Henry a encore une fois tendu la main aux signataires de l'accord de Montana. « Depi Ayisyen deside mete tèt yo ansanm se yon bon bagay.  Se pou sa anpil fwa, m al rankontre  konpatriyòt Montana yo, e m ap kontinye lonje men ba yo.  Sa fè apèn twa jou mwen te chita pale ak konpatriyòt Louisiane yo. Men gen yon bagay ki dwe klè pou tout moun, pèsòn pa gen ni otorite ni dwa pou reyini nan yon lotèl ou aletranje pou deside an ti komite ki moun pou prezidan osnon Premye minis. Se jwèt tè. Tout sa se distraksyon », a fulminé le chef de la Primature dans son adresse à la nation.

« Sitiyasyon peyi a twò grav pou nou pèdi tan nan fè chèz mizikal nan tèt Leta a. Nou wè depi kèk tan gen moun ki panse se ak vyolans yo ka pran pouvwa. 1e janvye yo fè tantativ asasina sou mwen nan Gonayiv. Depi kèk jou, gen nèg ki deside poze zak teworis, pase sou moto osnon nan machin, tire sou sitwayen pèzib. M ap di tout moun ki gen tantasyon sèvi ak gang, ak teworis, ak bandi ame pou yo pran pouvwa, se an teworis e an bandi ame n ap trete yo. Yo mèt tann, n ap rive sou yo tou paske nou kòmanse idantifye yo menm jan entènasyonal la ap idantifye yo tou. Men lè lajisitis mete yo anba kòd, mwen pa vle tande pèsonn di se pèsekisyon politik ni se prizonye politik yo ye », a lancé Ariel Henry. 

« L'histoire est une enseignante et c'est en cette qualité qu'elle convoque aujourd'hui le peuple haïtien autour de cette date du 7 février qui rappelle la fin de la dictature des Duvalier, un événement majeur qui aura marqué à jamais la vie politique de notre République », a affirmé de son côté le président du tiers restant du Sénat.

« De manière très peu orthodoxe, en marge de toute légalité, la réalité du pouvoir est saisie par le Premier ministre qui n'est pas parvenu à l'exercer. Voilà sept mois depuis que le Dr Ariel Henry, de son lieu, n'est pas en mesure de dire en quoi consiste son mandat alors que les conditions de vie de la population continuent de se dégrader. L'Etat, qui n'a pas l'autorité, est incapable d'agir sur l'insécurité et, par conséquent, inapte à préparer et organiser de bonnes élections »    .

« Devant la dégradation accélérée de la vie politique en Haïti, le gouvernement de facto n'a plus grand-chose à dire sur les problèmes qui affectent le pays et tendent à s’aggraver. Une seule voie reste ouverte à la nation, celle que chacun répète et que certains, malheureusement, hésitent à emprunter. La concertation et le consensus s'imposent aux acteurs qui, dans un élan de lucidité, doivent comprendre que toute initiative sectaire est vouée à l'échec qui entraînera l'effondrement du pays. Le compromis, cette fois, doit l'emporter sur les mesquineries répétées qui ont déjà donné les résultats que le peuple haïtien est en train de subir », a discouru Joseph Lambert.

Le sénateur a annoncé que le Sénat va organiser à la fin de cette semaine « une grande réunion des différents pôles de la société tout en souhaitant vivement la participation du Premier ministre Henry qui y sera officiellement invité, a fait savoir le parlementaire.»

Dans une adresse à la nation le week-end dernier, le président élu dans le cadre de l'accord de Montana, Fritz Alphonse Jean, avait appelé à un consensus national pour le rétablissement de la sécurité et l'organisation des élections. 

Il fait rappeler que les membres de l'accord de Montana avaient déjà, la semaine dernière, invité le Premier ministre à une rencontre pour reprendre le processus du dialogue. Selon Leslie Voltaire, membre du Bureau de suivi de l'accord de Montana, Ariel Henry n'a jamais répondu à cette invitation.



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