Le rôle du secteur privé dans la transformation sociale en Haïti

Un déjeuner-causerie a été tenu ce jeudi 27 janvier à l’hôtel El Rancho autour de la relation entre le secteur privé et la transformation sociale en Haïti. En présence d’un public composé de quelques dizaines de participants, trois chefs d’entreprises ont partagé leurs expériences dans le processus du développement communautaire. Les présentations ont été complémentaires et font appel toutes à une mise en commun et de participation citoyenne plus efficace en vue d’arriver à la transformation sociale du pays. Ils reconnaissent tous que le secteur privé, les entreprises y ont un rôle combien important à jouer dans ce processus.

Publié le 2022-01-27 | lenouvelliste.com

« Secteur privé : moteur d’une transformation sociale dans le pays », tel a été le thèmequestionnement autour duquel se tenait le déjeuner-causerie. À cette occasion, la responsabilité sociale des entreprises at été identifiée ans le processus de la transformation sociale tant souhaitée. Mais à côté de la responsabilité sociale, l’on ne doit pas ignorer la responsabilité fiscale sans laquelle, il serait impossible de transformer le pays. Les modalités, les actions entreprises et à entreprendre et la métodologie à appliquer figurent parmi les points évoquer par les intervenants.

La transformation du pays est sur toutes les lèvres. Mais comment les entreprises peuvent-elles en être des acteurs ? À chacun son point de vue. Le PDG de la Farmatrix, Ralph Edmond, décrit la responsabilité sociale des entreprises (RSE) comme un outil de cette transformation. Il s’agit, explique-t-il, d’une activité normative. Des piliers importants en sont tributaires et les responsables d’entreprises sont tenues de les appliquer s’ils veulent faire partie de cette masse critique à l’atteinte de cet objectif.  

Droit de l’homme de l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions liées aux consommateurs sont parmi les piliers mis en avant par le responsable de Farmatrix qui présente son entreprise comme une institution modèle et qui, selon lui, sans l’ombre de doute, œuvre pour la transformation sociale du pays. Mais, soutient-il, la RSE ne suffit pas. La responsabilité sociale marche de pair avec la responsabilité fiscale. La Farmatrix n’est pas la plus grande entreprise de son domaine. Mais, si l’on en croit Ralph Edmond, cette entreprise est le leader en termes de ses redevances envers la Direction générale des impôts (DGI). «  Pour la dernière année fiscale, nous avons versé à la DGI 45 millions de gourdes et 22 millions à l’Administration générale des douanes (AGD) », a-t-il soutenu.

Ainsi, pour transformer, chaque entreprise doit avoir une valeur à exprimer  à travers la RSE. Il les invite à cultiver la confiance et la transparence en soumettant régulièrement leur bilan social couplé de leur bilan économique.

Abondant dans le même sens, Régine Labrousse, la fondatrice de Replenish 509, une entreprise qui promeut l’intégration de la diaspora, la culture et la production locale a surtout mis l’emphase sur l’initiative Kafou Lespwa qu’elle présente comme un espace de dialogue entre des leaders de divers secteur de la société haïtienne ayant des idéologies et des intérêts divergents ou conflictuels pour approfondir leur compréhension de la réalité actuelle et établir des scénarios sur les futurs possibles sur Haïti en utilisant la méthodologie rigoureuse des scénarios transformatifs expérimentés dans divers pays du monde au cours des trois dernières décennies.   

L’ex-présidente de l’AMCHAM a de soncôté fait l’éloge du dialogue national, une vision commune débouchant sur des réformes comme méthodologie de résolution de problèmes systémiques qui rongent la société. La transformation sociale d’Haïti en est tributaire. Aussi, avance-t-elle, le regroupement, la participation des citoyens, l’engagement de la société civile sont des conditions nécessaires conduisant à cette transformation qu’ils appellent, à Kafou Lespwa « le scénario de Solèy Leve ». En fait, plus que des mots, ces concepts constituent la philosophie de cette structure de réflexion en vue de la refondation nationale. Mais il y a des concessions à  faire, des verrous à faire sauter.

L’éducation est considérée comme l’un des moteurs de cette transformation, de la mixité sociale. C’est à juste titre que la Fondation Digicel a fait de ce secteur sa principale priorité. Selon la CEO de cette fondation, Sophia Stransky, ce choix est d’autant plus important que sa fondation a déjà investi 77 millions de dollars américains dans le pays pour la construction, entre autres, de 187 écoles. Aussi, assure-t-elle, il ne s’agit pas que la construction. Ces établissements, poursuit-elle, sont accompagnés à travers un écosystème qui assure leur pérennité, leur durabilité.

Tout compte fait, l’on assiste à une dégradation continue de la situation du pays à bien des égards. La société civile se montre concernée et veut montrer la voie aux décideurs afin de parvenir à changer la donne. À l’initiative de Strategy et Management, plusieurs causeries-débats sont déjà tenues à cet effet. D’autres groupes organisés de la société civile se mêlent également de la partie.  À chaque causerie et chaque conférence-débat, des pistes de solutions sont proposées. Que va-t-on faire de ces propositions ? Quelle en sera la finalité ? Qui devra s’en approprier et comment y procéder ? sont autant de questions auxquelles il faudra trouver des réponses afin de comprendre la pertinence de ces activités qui selon plus d’un, constituent des consultations gratuites à l’endroit des décideurs.



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