Le juge Garry Orélien, chargé de l'instruction de l'assassinat de Jovenel Moïse, sous enquête

Publié le 2022-01-24 | lenouvelliste.com

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a décidé d’ordonner l’ouverture d’une enquête sur les allégations du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) visant le juge d’instruction Garry Orélien, a appris Le Nouvelliste. Le secrétaire technique du CSPJ, Me Jean Robert Constant, a adressé une correspondance à cet effet au directeur de l’inspection judiciaire, Me Sonel Jean François. « Je vous instruis, dès réception de la présente, de prendre les dispositions nécessaires pour entendre le magistrat Garry Orélien, juge d'instruction en charge du dossier de l'assassinat du président de la République Jovenel Moïse autour des dénonciations du RNDDH. Un rapport est attendu dans le meilleur des délais », peut-on lire dans la lettre. 

Cette demande d’enquête arrive à un moment où le juge n’est plus chargé du dossier d’assassinat du président Moïse.  Le juge d’instruction Garry Orélien a rendu une ordonnance de dessaisissement dans l’instruction sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. Après avoir publié une note de clarification le 20 janvier, soutenant que la décision du doyen de ne pas prolonger son délai pour mener à bien l’instruction n’aura aucune incidence sur le dossier, il a finalement rendu le tablier. Me Orélien a évoqué des raisons de convenance personnelle pour se dessaisir de l’affaire. « Attendu que le déport de tout magistrat chargé d'instruire un dossier est volontaire, par ces motifs, nous nous dessaisissons à instruire le dossier enregistré au numéro 0764 /20-21 autour des faits d'assassinat du président de la République, SEM Jovenel Moïse, ce, pour convenance personnelle », peut-on lire dans son ordonnance datée du 21 janvier 2022. 

Mardi 18 janvier, le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bernard Sainvil, avait opposé une fin de non-recevoir à une demande de prorogation de délai formulée par le magistrat Garry Orélien dans le cadre de l’instruction de l’assassinat de Jovenel Moïse. « Par ces motifs, le doyen, conformément aux dispositions de l'article 97 du décret du 22 août 1995 relatif à l'organisation judiciaire, dit qu'il ne peut pas faire droit à la demande de prorogation de délai produite par le magistrat instructeur Garry Orélien, ordonne en conséquence que la présente ordonnance lui soit communiquée pour être par lui fait ce que de droit », pouvait-on lire dans l’ordonnance du doyen.

Le magistrat est accusé par le RNDDH d’avoir reçu des pots-de-vin pour libérer des gens et annuler des mandats et l'interdiction de départ dans le cadre de l’instruction. Garry Orélien a réfuté ces allégations qu’il qualifie de diffamatoires dans une note de clarification publiée le 20 janvier. « Le juge Garry Orélien réprouve avec la plus grande rigueur les allégations mensongères, diffamatoires et indignes tenues par le sieur Pierre Espérance à son endroit dans le cadre du dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse qu’il est en train d’instruire, lesquelles déclarations tendent à porter atteinte à son intégrité, à son honneur et à celui de sa famille lorsque son auteur essaie de faire croire au public que le juge se serait livré à des actes de corruption dans le cadre du traitement de ce dossier. Le juge d’instruction met en demeure le sieur Pierre Espérance de produire tels faits et/ou telles justifications pouvant donner quelque fondement à de telles allégations. Le juge Garry Orélien met ainsi en garde le sieur Pierre Espérance et tous autres individus, et ce, sous les réserves les plus expresses de poursuites judiciaires, qui pour des raisons ou des intérêts qui leur sont personnels ou par malveillance, auraient cherché, au travers d’organisations réputées criminelles, à discréditer un professionnel soucieux de la transparence, de la discrétion, de l’intégrité de sa mission », peut-on lire dans ladite note.



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