La diaspora veut s’engager autrement en Haïti

Publié le 2022-01-18 | lenouvelliste.com

Le Sommet de l’unité haïtienne dans l'Etat de Louisiane aux Etats-Unis est la première étape d’un nouvel engagement de la diaspora haïtienne en Haïti. « Nous décidons d’être des acteurs dans le développement d’Haïti », a assuré le Dr Bernier Lauredan, président de Haitian Diaspora Federation, l’une des organisations ayant convoqué le Sommet qui a accouché de l’Accord unitaire de la Louisiane. C’est sur la base de cet accord que l’économiste Fritz Alphonse Jean a été désigné président provisoire de la République.

Une blague pour certains, mais une décision historique pour le Dr Lauredan et d’autres Haïtiens de la diaspora ayant participé au Sommet. « Quelles seront les autres étapes après le choix du président provisoire de la République ? ». À cette question, le Dr Bernier Lauredan a répondu que les organisateurs du Sommet vont acheminer la résolution aux pays amis d’Haïti et au gouvernement haïtien à travers l’ambassadeur d’Haïti à Washington. « Nous allons utiliser tous nos contacts pour la faire appliquer », a-t-il précisé.

Le Sommet a été encadré par le général américain à la retraite Honoré Russel. C’est lui qui avait défini la méthodologie de travail et annoncé officiellement le choix de Fritz Jean comme président provisoire. Il s'est aussi entretenu avec la presse locale durant tout le sommet au nom d’Haïti. De quoi attirer des critiques sur l’évènement. A ce sujet, le Dr Lauredan ne voit pas d’inconvénients. « Nous avons trouvé une solution haïtienne au problème haïtien », a-t-il répondu aux détracteurs du Sommet. Le général, a-t-il poursuivi, était simplement un facilitateur.

C’est dans l'Etat de Louisiane, en 2005 à la suite du passage du cyclone Katrina, que les Haïtiens avaient découvert le leadership du général Russel Honoré que le Dr Lauredan présente comme un descendant d’Haïtiens. « Honoré n’est pas un nom étranger à Haïti », a indiqué le Dr Lauredan, soulignant les liens historiques entre Haïti et la Louisiane.

Pour ceux qui s’interrogent sur le financement du Sommet, le président de Haitian Diaspora Federation a fait savoir que c’est la Southen University Law Center et des organisations de la diaspora qui l’ont financé.

Après le Sommet, considéré comme un signe d’espoir, les organisations haïtiennes de la diaspora n’entendent pas s'arrêter en si beau chemin. Elles annoncent pour bientôt un sommet sur le développement économique d’Haïti. « Nous ne voulons plus être des spectateurs, mais des acteurs dans le développement du pays », a précisé le Dr Lauredan. « Nous voulons intégrer le gouvernement, a-t-il fait savoir. Nous voulons aussi investir dans des domaines qui peuvent aider au développement du pays.»

Pour que les investissements de la diaspora soient rentables et utiles, le Dr Bernier Lauredan estime que la diaspora doit s’impliquer dans la politique. « Déjà, la diaspora paie 1.50 dollar sur chaque transfert d’argent. Il y a aussi les frais sur les appels internationaux. Personne ne peut nous dire à quoi sert cet argent, ni combien d’argent a été déjà collecté », a souligné le Dr Lauredan pour expliquer le choix de la diaspora de s’impliquer dans la politique. Il promet d’impliquer les Haïtiens vivant un peu partout à travers le monde dans ce projet.

Le Sommet de l’unité de la diaspora a été organisé par plusieurs organisations de la diaspora haïtienne, dont le Comité politique de la diaspora (HDPAC), the Haitian federation, Haitian diaspora United for Haiti, Mouvement des Haïtiens des continents ( MPHC), la Coalition des organisations de la diaspora haïtienne et l’Association des médecins haïtiens à l’étranger.



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