Présidence de la transition

Pour Ariel Henry, il n’y aura pas de président au Palais national avant les élections

Alors que des organisations de la diaspora ont fait choix, le week-end écoulé, de l’économiste Fritz Alphonse Jean comme président de la transition et que le consensus politique Montana-PEN cherche à former un collège présidentiel de cinq membres, le Premier ministre a déclaré, le 17 janvier 2022 que « le prochain locataire du Palais national sera un président élu librement et démocratiquement par la majorité du peuple haïtien ». Ariel Henry en a profité pour annoncer pour bientôt la formation d’un nouveau Conseil électoral provisoire et d’une Assemblée nationale constituante.

Publié le 2022-01-17 | lenouvelliste.com

« Le prochain locataire du Palais national sera un président élu librement et démocratiquement par la majorité du peuple haïtien », a déclaré, lundi, le Premier ministre lors de l’installation d’Emmelie Prophète à la tête du ministère de la Culture et de la Communication. Une façon claire et simple pour Ariel Henry de dire aux protagonistes des autres accords qui plaident pour un pouvoir avec un président de la République et un Premier ministre qu’il n’y aura pas de chef de l’Etat au cours de la période de la transition.

« L’instabilité politique nous a déjà coûté trop cher.  Il est du devoir de tous les démocrates haïtiens de laisser de côté leurs ambitions partisanes immédiates et de mettre le cap sur la création d’un environnement sûr et stable propice à la relance des activités économiques et à l’organisation des élections », a discouru le chef de la Primature.

Dans le contexte actuel, « je tiens à rappeler aux uns et aux autres qu’il n’existe aucun moyen légal ou constitutionnel de choisir un président provisoire légitime. Personne n’a une telle autorité.  Certains sont tentés par le recours à la violence ou à l’élimination physique de responsables d’Etat », a soutenu Ariel Henry.

Selon le Dr Henry, après l’assassinat du président, ce serait dramatique pour notre pays de recommencer à recourir à cette pratique barbare d’un autre temps pour remplacer des dirigeants.

« Je voudrais saisir cette occasion où les journalistes des principaux organes de presse sont présents pour réitérer mon appel au dialogue et à la concertation. Dès ma prise de fonction, j’avais annoncé que j’allais prendre mon bâton de pèlerin et aller à la rencontre de tous les secteurs de la vie nationale.  J’ai fait ce que j’ai dit et j’ai rencontré les acteurs politiques, de très nombreux acteurs, et particulièrement ceux qui animent depuis des années la vie politique. J’ai rencontré de très nombreux représentants de la société civile organisée et des organisations populaires. J’ai eu des entretiens avec toutes les confessions religieuses et avec des compatriotes de la diaspora », a fait savoir le Premier ministre.

Selon le Dr Henry, sa démarche a été couronnée de succès et a abouti, le 11 septembre de l’année dernière, à la signature de l’accord politique pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire, qui a été publié au journal officiel Le Moniteur le 17 septembre 2021. 

« Je dois dire au peuple haïtien que le décalage entre la date de la signature de l’accord et sa publication est dû simplement au fait que je tenais à rencontrer, avant, nos compatriotes du groupe de Montana que je ne désespérais pas de convaincre de rejoindre les premiers signataires. Il s’agissait d’une nécessité en vue d’élargir le consensus et de remettre notre démocratie sur les rails dans le cadre d’élections libres, honnêtes et inclusives », a affirmé le chef du gouvernement.

Ariel Henry a dit que les membres de l’accord de Montana « n'ont pas souhaité poursuivre le dialogue. En deux autres occasions, j’ai pris l’initiative d’aller vers eux et demandé à les rencontrer à nouveau, toujours sans succès, hélas », s'est plaint le Premier ministre.

Dans son discours, le chef du gouvernement a dit tendre la main encore une fois aux acteurs de l’accord de Montana et aux signataires d’autres accords en Haïti ou dans la diaspora. « Le temps n’est pas aux querelles de chapelle ni aux luttes fratricides pour la conquête d’un pouvoir éphémère. Dans cette conjoncture difficile, nous ne pouvons pas nous engager dans le jeu de chaises musicales à la tête de l’État », a souligné le Premier ministre.

Le Dr Henry a dit reprendre, depuis plusieurs jours, des consultations avec les secteurs concernés par la mise en place des organes prévus par l’accord du 11 septembre.  « J’ai la ferme conviction que bientôt, très bientôt, nous aurons un Conseil électoral provisoire crédible, une Assemblée nationale constituante représentative et une autorité de contrôle et de suivi fiable », a-t-il garanti.

« Je demande aux patriotes et aux démocrates haïtiens de rejoindre les signataires de l’accord du 11 septembre en vue de cheminer ensemble vers cette nouvelle Haïti que nous appelons tous de nos vœux », a appelé Ariel Henry.

Parallèlement, des organisations de la diaspora, lors d’un sommet en Louisiane le week-end écoulé, ont fait de l’économiste Fritz Alphonse Jean président de la transition.

Les acteurs du consensus politique signé entre le Protocole d’entente nationale (PEN) et l’accord de Montana ont déjà lancé le processus pour aboutir à un collège présidentiel de cinq membres et un Premier ministre pour diriger une transition de deux ans.

Fritz Alphonse Jean et le coordonnateur général de l'OPL. Edgard Leblanc Fils ont officiellement fait le dépôt de leurs pièces ce lundi au Bureau de suivi de l'accord de Montana comme candidat à la présidence. 



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