Des organisations de la diaspora cherchent à unifier sept parmi les accords politiques

Le Sommet de l’unité haïtienne se tient du 14 au 19 janvier 2022 à Southen University Law Center à New Orleans (Louisiane) aux Etats-Unis, sous l’égide de Haitian diaspora united for Haiti. Représentants d’organisations haïtiennes, leaders politiques et représentants d’organisations de la société civile venus d’Haïti prennent part à cet évènement qui se donne pour mission de fusionner sept accords de sortir de crise en vue de sortir le pays de la crise. L’accord de la Primature est le grand absent de cette initiative.

Publié le 2022-01-14 | lenouvelliste.com

Le Dr Georges J. Casimir, président du HDPAC, a soutenu que dans « trois jours, les sept groupes annonceront la formation d’un gouvernement de transition ». « C’est ce qui sortira d’ici », a-t-il poursuivi, soulignant que cette décision sera implémentée avec l’assistance des partenaires internationaux d’Haïti.

« Pour ceux qui n’ont pas répondu, nous leur disons que nous avons besoin d’eux. Venez à nous. Nous attendons de travailler avec eux », a assuré le Dr Georges J. Casimir. Il a assuré que la diaspora ne sera pas mise hors jeu. « Cette fois, nous disons que nous sommes dans le jeu », a-t-il affirmé, soutenant que la diaspora a les ressources, les cerveaux pour aider Haïti . « Nous voulons tous un changement. Il faut de la stabilité », a soutenu le Dr Casimir, qui croit que le pays a « besoin d’un gouvernement crédible », d’une institution judiciaire indépendante et non corrompue.

« Personne n’est en sécurité en Haïti. Le pays ne peut pas être dirigé ainsi », a-t-il déploré. Nous voulons partir dans quatre jours avec un accord, a indiqué le lieutenant général américain à la retraite Russel Honoré, qui encadre les travaux. «  L’union fait la force. De sept accords, nous aurons un accord », a précisé Russel Honoré, qui soutient que la devise d’Haïti est en soi une source d’inspiration.

Le Dr Damien Ejigiri, doyen de l’université Nelson Mandela, a soutenu que les participants à ce sommet doivent se lancer le défi de réaliser un plan d’action pour changer Haïti, un pays qui enfile les coups durs, les catastrophes. Le Dr Damien Ejidiri a évoqué Emily Dickson pour appeler les Haïtiens à créer les conditions de l’espoir. Il faut rendre l’impossible possible, a soutenu le Dr Ejidiri.

Le Dr Leon Tarver Junior, dont la famille a quitté Haïti en 1850 pour s’installer en Louisiane, soutient que pour Haïti et pas que, le temps est au réexamen de nos rêves pour savoir s'ils correspondent aux exigences du futur. «  Nous pouvons surmonter les défis grâce à la collaboration de tous. Haïti l’a montré. Haïti nous a montré le vrai sens de la liberté », a soutenu Sharon Weston Broome, la mairesse de Bâton Rouge, qui a souhaité la bienvenue aux représentants des « sept accords ».

L’accord du 11 septembre, l’accord PEN et l’accord de Montana n’étaient pas représentés à ces assises. Dr Anrino Destinoble a présenté l’accord de Montana. Cependant, plusieurs jours avant ce sommet, dans un communiqué dont le journal a reçu copie, Antant nasyonal pou yon transisyon koupe fache, avait indiqué que M. Destinoble « n’a pas la qualité, la compétence, l’éthique et la moralité pour parler au nom de l’accord de Montana ». Il a pris une orientation qui ne correspond pas à la ligne de l’Antant, signataire de l’accord de Montana, peut-on lire dans cette note de presse signée, entre autres, par l’ex-sénateur Steven Benoit, Ânes Lubin de PLB, Stanley Mesalier de Pati endijèn.

«CESOC, Kontra Pèp la, Accord lari a, Accord de femme, Accord du milieu, Accord de Montana, Accord final de Vertières» sont les proposotions de sortie de crise mises en discussion à ce sommet d'après les organisateurs. Après le discours de la mairesse de Baton Rouge, des représentants de Southen University Law Center ainsi que des leaders dans la diaspora, chaque porteur d’accord a eu 10 minutes pour s'adresser au public.

Accord lari a, c’est une initiative de la diaspora et de la jeunesse haïtienne qui prend en compte, selon Mc-Jean C. Marseille, les idées des groupes marginaux de la société comme les petits marchands, les cireurs de bottes, les chômeurs… Ledit accord est pour un exécutif bicéphale avec un président provisoire et un Premier ministre disposant d’un cabinet ministériel de 10 ministre, un Conseil supérieur de l’exécutif de neuf membres venus des secteurs clés du pays lequel surveillera l’action gouvernementale. La transition, selon les initiateurs de l’Accord lari a, sera de 18 à 24 mois.

«Combattre l’insécurité, réformer l’administration publique, rendre justice à l’ancien président Jovenel Moïse et à d’autres victimes de la criminalité, organiser des élections crédibles et honnêtes», telles sont quelques-unes des composantes du mandat de la transition.

«Sitwayen angaje pou nou sòti nan kriz la est une initiative de l’ancien député de Léogâne Wilson Hyppolite. Cet accord plaide pour un exécutif bicéphale avec un président provisoire et un Premier ministre qui formera un gouvernement d’ouverture. L’exécutif serait assisté d’un Conseil présidentiel de trois membres issus de secteurs clés de la vie nationale.

L’accord Kontra Pèp la, quant à lui, réunit quelque 185 organisations sociopolitiques en Haïti et dans la diaspora. Il s’agit d’une initiative des organisations Debout Jeunesse et Ayiti demain de Moïse Garçon et Camille Edouard Junior et Marc Wood Pierre.

L’Accord final de Vertières est élaboré par le Mouvement Point final et la plateforme politique Union des centristes pour sauver Haïti (SOVA). Il est présenté comme une fusion et une synthèse des accords pour la résolution finale de la crise haïtienne.

En ce qui concerne l’Accord du milieu, il est une initiative de près de 800 organisations de la diaspora éparpillées à travers le monde. D’après Adelcie Juste, cet accord a pour fil conducteur l’intégration de la diaspora et des jeunes dans la gouvernance du pays. Il prévoit un exécutif bicéphale.  

Le Sommet de l’unité de la diaspora est une initiative de plusieurs organisations de la diaspora haïtienne dont le Comité politique de la diaspora (HDPAC), The Haitian federation, Haitian diaspora United for Haiti, Mouvement des Haïtiens des continents ( MPHC), la Coalition des organisations de la diaspora haïtienne et l’Association des médecins haïtiens à l’étranger.

Jean Pharès Jérôme et Robenson Alphonse
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