Grands rendez-vous économique/ ’émission

Pierre Marie Boisson dénonce un tort fait aux bénéficiaires des transferts

Publié le 2022-01-13 | lenouvelliste.com

Président de la Sogesol et représentant du secteur privé des affaires, Pierre Marie Boisson est invité à analyser chaque début d’année, à l’émission « Grand rendez-vous économique », animée par Kesner Pharel et diffusée sur radio télé Métropole et sur le Web, la situation  de l'économie haïtienne et de l’économie mondiale. Cette année, il a entre autres, mis l'accent sur les torts infligés aux bénéficiaires des transferts sans contrepartie en Haïti.

« On a connu une forte croissance des transferts sans contrepartie, 21,2%. Toutefois ces transferts ne sont pas seulement bénéfiques à leurs bénéficiaires. Ces derniers sont des perdants à cause d’une conjoncture qui les pousse à gagner moins de gourdes sur les transferts qu’ils reçoivent. Autrement dit, du fait des exigences d’ordre macroéconomiques, les bénéficiaires des transferts sans contrepartie reçoivent leur argent en gourdes à partir d’un taux de change bien plus bas que celui du marché libre. Ils ont perdu sur chaque billet de dollar reçu, entre 15 à 20 gourdes », a constaté l’homme d’affaires, Pierre Marie Boisson, soulignant que c’est très grave, ce tort infligé aux bénéficiaires des transferts.

Avec une inflation d’environ 13% sur l’année, M. Boisson a affirmé que les bénéficiaires des transferts ont perdu, durant une certaine période de l’année, environ 30 à 40% de leur pouvoir d’achat. Les transferts sans contrepartie sont la plus grande source de devises en Haïti, a rappelé Pierre Marie Boisson, pour qui ces derniers demeurent la plus grande source de revenus pour la majorité des familles. Grâce aux transferts de leurs familles dans la diaspora, 60% de la population qui se retrouve au chômage alimente les micros, petites et moyennes entreprises qui les vendent des biens et des services, d’après le président de la Sogesol. « Les microentreprises ont connu une baisse des chiffres d’affaires parce que ce sont ces bénéficiaires des transferts, c’est-à-dire ses clients qui supportent leurs chiffres d’affaires. Si ses clients s’appauvrissent, elles connaissent aussi le même sort », a soutenu Pierre Marie Boisson.

Pour M. Boisson, c’est la même banque centrale, qui à travers une circulaire empêche ceux qui sont allés chercher leurs transferts dans une maison de transfert de les recevoir en dollars, qui doit a corrigé ce dérèglement sur le marché des changes. « La Banque de la République d’Haïti (BRH) a permis au taux de change de remonter à la position qu’il aurait dû être depuis le début de l’année », a affirmé Pierre Marie Boisson, précisant qu’avec le taux de change de 100 gourdes, ce n’est pas encore le point d’équilibre puisque sur le marché parallèle, le dollar s'echange à hauteur de 107 gourdes à 110 gourdes.

Si M. Boisson envoie des fleurs à la BRH pour avoir favorisé en quelque sorte la remontée du taux de change, il n’empêche pas cependant aux bénéficiaires des transferts de continuer à recevoir leur argent en gourdes à partir du taux de change le plus bas, a-t-il fait savoir. En outre, une augmentation du taux de change n’est pas sans incidence sur les prix dans l’économie haïtienne qui ne s’arrêtaient pas de grimper durant l’année 2021.



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