Combien de 12 janvier devra-t-on connaître pour reprendre en main notre sort ?

Publié le 2022-01-12 | lenouvelliste.com

Comme prévu, la commémoration du 12e anniversaire du 12 janvier ne restera pas dans les mémoires. 

Rien de marquant ne s'est produit dans le pays ni dans la région métropolitaine fortement affectée par le séisme majeur de 2010. 

Nous n'avons pas pu, en douze ans, faire le décompte de nos victimes. Nous ne nous sommes imposés aucun devoir d’inventaire et n’avons à notre actif que des actes manqués. Nous commémorons nos échecs en petits comités. 

Ce 12 janvier est un 12 janvier de plus, tout simplement.

Des 12 janvier nous en vivons tous les jours, dans tous les domaines, qu’ils se traduisent en petites ou grandes catastrophes. La reconstruction en est une, notre dépendance accrue envers l'étranger pour tous nos besoins en est une autre.

Cette semaine, pour essayer de faire se parler des Haïtiens qui se disent impliqués dans la politique en Haïti, un sommet est prévu en Louisiane.

Pour les anciens, cela rappelle les années 90. Le sommet de Miami avant le retour au pays du président Jean-Bertrand Aristide ou celui de Governors Island avec les militaires putschistes en vedette.
 
Un nouveau sommet donc mais cette fois les Américains semblent laisser le devant de la scène aux acteurs de la diaspora. Tout aussi désorganisées, antagoniques et non représentatives que les centaines de partis politiques de la scène indigène, les organisations de la diaspora vont devoir montrer leur utilité. Se trouver une place autour de la table des problèmes de la nation.

Ce 12 janvier 2022, combien de gens misent-ils sur la réussite du sommet de Louisiane ? Combien misent leur chemise sur un accord des accords ou sur les chances du Premier ministre Ariel Henry de conduire la reconstruction démocratique du pays ? 

L’avenir démentira-t-il frileux et incrédules ?  Un miracle est-il possible ? Un sursaut ? Espérons, Bon Dieu bon.
 Les acteurs clés de la vie nationale vivent un 12 janvier permanent depuis des années. Sous les décombres de leur inorganisation, ils n’ont pas l’air de se rendre compte du désastre qui se profile à l'horizon.
 
Un matin, la communauté internationale, l'ONU, le Core Group ou un simple ambassadeur décidera de tout. Avec de bonnes et/ou de mauvaises conséquences pour le pays.

Le 12 janvier n'est pas seulement le grand séisme de 2010 et ses centaines de milliers de morts. Le 12 janvier est aussi notre incapacité à nous ressaisir et à nous rendre compte de l'inutilité de notre immense réserve de fatuité.
 
Rien ne progresse en Haïti pour produire du bien, du bon et du beau mais chaque acteur jure qu'il œuvre dans le bon sens, qu’il récite le bon texte et joue le meilleur rôle.
 
Combien de 12 janvier dans tous les domaines allons-nous vivre pour comprendre enfin que rien ne va ?



Réagir à cet article