Le tic-tac des prochaines catastrophes et les tactiques de nos politiciens

Publié le 2022-01-11 | lenouvelliste.com

 Un autre 12 janvier semble surprendre le pays. Il arrive sans s’être fait annoncer. Cela fait onze ans depuis que le séisme de 2010 nous a frappés et lentement l’anniversaire sort de nos mémoires.

Pour raviver le nécessaire combat contre l’oubli, Le Nouvelliste a mandaté un journaliste pour faire un tour de lieux de mémoire privés. Depuis 2011, le mémorial de l’université Quiskeya et celui de l’hôtel Montana sont restés dignes et vivants.

On ne peut pas dire autant de tous les autels élevés en souvenir des centaines de milliers de morts du tremblement de terre de 2010.

Dans une autre partie du pays, le Grand Sud, la population a éprouvé le tremblement de terre du 14 août dernier dans sa chair, le choc est récent et elle a du mal à se relever. Impossible d’oublier les ravages de la nature quand la terre tremble.

Et cela continue.

La terre tremble encore dans le Sud. Depuis le début de 2022, on ne compte plus les secousses qui renouvellent la peur et réveillent de mauvais souvenirs.

Si Port-au-Prince a pris le pari de se croire à l’abri, sans explication logique, le Grand Nord craint que le pire ne survienne un matin.

De l’énergie s’accumule dans les tréfonds de la terre depuis des décennies dans la région septentrionale du pays. Chaque année sans secousse majeure est une année de plus qui fait redouter une catastrophe plus grande.
Terrible épée de Damoclès.

Si le pays est à risque, si le tic-tac de la prochaine catastrophe est déjà lancé, on ne peut que regretter que depuis 2010 les tactiques et stratagèmes de nos politiciens ne résolvent rien, ne nous préparent à rien, ne réparent rien et ne seront à la hauteur de rien le jour du prochain drame.

Un 12 janvier dans une relative indifférence dans la capitale, cela s’explique aisément. Les gouvernements passés ont tout fait pour lisser la mémoire en minimisant les commémorations et en banalisant le jour. L’actuel gouvernement est sur la même lancée.

Les institutions privées, écoles et entreprises, n’ont jamais intégré dans leur fonctionnement des exercices de sensibilisations dans l’éventualité d’une nouvelle catastrophe. Et elles font peu pour alimenter la flamme du souvenir.

On banalise, on oublie, on privilégie le profil bas pour biffer la catastrophe de 2010, pour dissimuler les manquements et malheureusement pour ne pas nous préparer à la prochaine frappe quand la nature se mettra en colère.

Le tic-tac infernal est déclenché et les tactiques de nos politiciens restent lamentablement inadéquates.
 



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