2021, -4,2% de croissance pour le secteur primaire

Pour le dernier exercice fiscal, le pays a connu, pour une troisième année consécutive, une croissance négative. L’on parle désormais de la dépression économique. Aucun secteur de la vie nationale n’a connu une croissance positive. -2%, -2,4% et -4,2% sont respectivement les contractions de croissance des secteurs primaire, secondaire et tertiaire . La plus grande chute a été alors observée au niveau du secteur agricole, lequel regroupe plus d’un million d’exploitants selon les chiffres du ministère de l’Agriculture.  Plusieurs facteurs en sont à la base.

Publié le 2022-01-11 | lenouvelliste.com

Le secteur primaire, avec environ 106,1 milliards de gourdes en valeur constante, s’est incliné de -4,1% contre -2,4% en 2020. En effet, la branche composée de l’agriculture, de la sylviculture, de l’élevage et de la pêche, est évaluée à environ 99,5 milliards de gourdes à prix constants contre 103,8 milliards de gourdes en 2020. C’est la pire année pour le secteur agricole au cours de la dernière décennie ; en témoigne son apport au produit intérieur brut du pays (PIB). Certaines productions qui se trouvaient déjà en berne continuent de chuter et provoquent, de l’avis des analystes de l'Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) le déclin de la production agricole pour cet exercice.

La production de riz est la seule céréale à avoir connu une croissance positive pour le dernier exercice. Cette dernière a crû de 6,1%. Les autres produits céréaliers tels que le maïs et le sorgho ont diminué respectivement en moyenne de -12,9% contre -8,5% en 2020.

Cette tendance a également été observée au niveau des tubercules. La production de ces produits a chuté de -5,6% contre -1,4% en 2020, à l’exception de l’igname qui s’est bien comportée avec une croissance positive de 21.0%. Parmi les autres denrées dont la production a aussi régressé, on retrouve les cultures maraîchères (-5,1%), la banane (-16%), les haricots (-13%), l’orange (-23%) ; les autres fruits se sont affaissés en moyenne de -18,3%  contre -15,7% en 2020. Par contre, la production des citrus et limes a fait exception avec une hausse de 3,1%, malgré tout inférieure à celle de 2020 (7,5%).

Les analystes ont avancé pas moins de six facteurs ayant été à la base de cette situation commençant par une perte de productivité due à la dégradation de beaucoup de bassins versants. Les Comptes nationaux en 2021 soulignent également des contraintes liées à l’irrigation dans certaines régions à haute intensité agricole ; une insuffisance des investissements dans le secteur ; une réduction des espaces cultivables due à la prolifération de constructions anarchiques ; un manque et une inadéquation des crédits accordés dans le secteur ; une réduction des aides en faveur des groupements paysans cultivateurs à travers l’octroi d’outils et de semences agricoles dans le cadre des programmes visant le renforcement de la production agricole tels que le Programme d’intensification agricole (PIA) ainsi que d’autres projets inclus dans le programme baptisé Plan national d’investissement agricole 2016-2021 (PNIA 2016-2021)

La détérioration du PIB en 2021, lit-on dans la note de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), s'inscrit dans un contexte de crise sociopolitique aiguë qui a atteint son paroxysme avec l’assassinat du président de la République en juillet de cette année, sans oublier la crise sanitaire mondiale qui continue d’impacter certains secteurs d’activité.



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