Le Protecteur du citoyen inquiet quant à l’aboutissement de l’enquête sur l’assassinat du président Moïse

Le protecteur du citoyen, Renan Hédouville, reste préoccupé par l’aboutissement de l’enquête sur  l’assassinat du président Jovenel Moïse. Le Protecteur du citoyen continue de croire que les plus hautes autorités de l’Etat ne manifestent aucun intérêt  pour faire luire la lumière sur ce dossier.

Publié le 2022-01-06 | lenouvelliste.com

L’arrestation de Mario Antonio Palacios Palacios, l’un des suspects clés dans l’assassinat de Jovenel Moise à Panama ranime l’enquête qui est mené sur ce dossier. Le protecteur du citoyen Renan Hédouville salue cette arrestation. Toutefois, il dit resté préoccupé par l’aboutissement de l’enquête sur l’assassinat de l’ex président Jovenel Moïse. « Nous n’allons pas crier victoire suite à l’arrestation de Mario Antonio Palacios Palacios parce que les obstacles liés à l’aboutissement de l’enquête sont multiples. Ce sont des obstacles majeurs placés au plus haut niveau de l’Etat. Non seulement au plus haut niveau de l’Etat sur le plan national, mais également sur le plan international », a-t-il expliqué ce jeudi 6 janvier durant sa participation à l’émission ‘’Panel Magik’’ sur Magik9.

« Nous croyons qu’il y a des obstacles à l’aboutissement de l’enquête par ce que les autorités qui sont actuellement au pouvoir n’ont aucun intérêt à ce que la lumière soit faite sur ce dossier. Elles y sont indexées. Si les personnes indexées avaient accepté d’éclaircir les points d’ombres, à ce moment-là quelqu'un pourrait amener à croire que l’enquête aboutirait », a poursuivi M. Hédouville qui rappelle que la compagnie de téléphonie mobile Digicel avait confirmé que l’actuel premier ministre Ariel Henry s’est entretenu avec Joseph Félix Badio, l’un des présumés assassins de Jovenel Moise, le jour de l’assassinat de ce dernier.

M. Hédouville salue les avancées qui ont été constatées dans le cadre de cette enquête. Ferme sur ses gardes, il encourage la Direction centrale de la police judiciaire, le juge d’instruction qui mène l’enquête sur l’assassinat de l’ex chef d’Etat de continuer à faire leur travail pour élucider les circonstances de la mort de l’ex président Moïse.

Toutes les personnes indexées dans l’assassinat doivent, affirme Renan Hédouville, répondre aux questions de la justice. Rappelant les faiblesses du système judiciaire haïtien, le protecteur du citoyen a renouvelé sa demande auprès des Nations Unies  pour qu’il y ait une assistance juridique internationale sur le dossier. «  Malheureusement les Nations Unies restent muettes sur ce dossier jusqu’à présent. Mais nous, nous pensons qu’en terme de coopération internationale les Nations Unies doivent se prononcer ; la CARICOM, l’OEA aussi parce que le crime qui a été perpétré le 7 juillet 2021 reste à bien des égards un crime contre l’humanité », a-t-il dit.

L’inquiétude de Renan Hedouville n’en finit pas. Il se dit inquiet aussi suite à la libération de quatre policiers  qui étaient écroués au pénitencier national dans le cadre de l’assassinat de l’ex président Jovenel Moïse. Aussi parce que des effets n’ont pas suivi les mandats d’amener qui sont décernés contre des individus dans le cadre de l’enquête menée sur ce crime.



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