Merci The Code

Publié le 2022-01-01 | lenouvelliste.com

Se réveiller quelques heures après avoir laissé la cour du El Rancho Hotel à 5 heures du matin (j’avoue qu’Harry Luc nous a un peu forcé la main), avec un des mix de TonyMix en tête, est une preuve que j’ai bu le plaisir jusqu’à la lie, ce jeudi 30 décembre 2021. Après un début de semaine cloîtrée seule et malade dans ma chambre, cette 13e édition de la traditionnelle soirée de fin d’année The Code sonnait comme un renouveau pour moi. Un renouveau à un jour de la fin de 2021, une année par laquelle, dans un pays tel qu’Haïti, je suis passée par toutes les émotions et valsé avec pas mal d’expériences.

Test Covid négatif en poche, des amis et collègues qui maîtrisent bien la formule pour ne pas plomber l’ambiance, le moral activé en mode « party time », toutes les conditions sont réunies pour un moment beau et jouissif. La longue file d’attente de party people, à deux doigts de dépasser la barrière principale de l’hôtel n’attendant qu’à se mêler à la fête, prouve aussi que je ne suis pas la seule à vouloir croquer « The Code » à pleines dents.

Par intelligence et stratégie, Charly et moi nous dépassons la file indienne de moitié. Suivez mon regard. Près de 15 minutes plus tard, nous voilà tout contents de notre exploit, dans le hall du El Rancho, qui soit dit en passant, est vraiment aménagé pour la fête. Des rideaux or et noirs dissimulent l’entrée de la cour, le lieu où le plaisir posera son étendard jusqu’à l’aube. Les organisateurs ont visiblement pris la chose très au sérieux. Ils y ont même placé, de chaque côté, des filles tout carrément magnifiques, avec de la peinture sur tout le corps et des couronnes de plumes sur la tête.

À l’intérieur, ce n’est pas encore la grande foule. Pourtant, ça n’empêche pas DJ Oli de mettre toute son énergie et sa passion sur ses platines. Il assure tout simplement, comme pour faire saliver ces pauvres fêtards qui s’impatientent encore et encore dans cette maudite file d’attente. Toutefois, avant de passer le relais à son homologue Mr Smoke, la cour n’était déjà plus pratiquement la même. El Rancho se remplissait comme un œuf. Que la fête commence réellement ! Pluie de feux d’artifice à volonté, on chante, on danse, on boit, on fume, moun yo pa bezwen anpil.

Pierre Jean est le premier artiste à faire son entrée sur scène. Un passage éclair qui pourtant a pu porter fruit, malgré des problèmes de sonorisation enregistrés au tout début de sa prestation. Pariant sur le côté festif du rabòday et sur ses morceaux à succès comme « Krèy » et « Peye pote », le passage du Digicel Star ne s’est, au final, pas révélé vain.

Sans transition, Roody Roodboy lui succède. Le chanteur s’amène tout feu tout flamme avec « Inosan yo », en invitant le public à lever la main et chanter avec lui. Celui-ci ne se fait pas du tout prier pour répondre aux recommandations de l’artiste, surtout lorsqu’il enchaîne avec « Me luv the way », ce titre ô combien prometteur qu’il partage avec Danola. Sans sa compagne, Roody, égal à son talent, accouche « Me luv the way » avec la complicité de ses fans, puis poursuit avec « Fo fim k ap fèt ». Et s’en va.

Kreyòl La prend le relais. Les Apaches, qui viennent tout juste de célébrer leur 16e anniversaire, démarrent avec « Mwen poko jwenn li » pour des fêtards qui ne perdent rien de leur fougue. Menés par un T-Jo dont l’expérience et la maîtrise sur scène ne sont plus à démontrer, les bleu et jaune offrent « Plon gaye », puis leur fameux hymne national incitatif. « Kondeng kondeng kondeng, apre bal la »… Vous connaissez sûrement sans doute le reste. Environ trois morceaux pour la bande et la place revient encore une fois aux dj, les véritables maîtres de cette renommée All Black Party.

Un temps mort qui a trop duré aurait pu tout gâcher avant que DJ Marz ne s’amène enfin. Mais, je m’étais promis ce soir de rester zen et de prendre les inconvénients avec plutôt des gorgées d’alcool. Marz fait ce qu’il avait à faire, change de place avec TonyMix. Le cher autoproclamé « DJ peyi a », qui, justement après cette soirée, a de quoi s’enorgueillir.

Pendant près de deux heures, Tony a fait du Tony, avec ses slogans hilarants et dénués de sens que je peux cependant supporter grâce au costume de fêtarde que j’ai enfilé. Mais surtout avec ses mix bien choisis, comme ses chansonnettes françaises et les chansons d’amour anglaises qu’il a fait exprès de jouer successivement au tout début de sa prestation.

Jusqu’à 5 heures du matin, l’ambiance est allée crescendo. Mes pieds me faisaient mal, mais j’avais l’impression que le reste de mon corps ne demandait qu’à crier : « Li bonè, li bonè », comme cette fameuse rengaine du dj de Carrefour qui ne me lâche plus d’une semelle. Encore en cet instant précis.



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