Ariel Henry appelle la justice à appréhender les corrupteurs et les corrompus   

Publié le 2021-12-09 | lenouvelliste.com

Le Premier ministre Ariel Henry a appelé la justice à appréhender les corrupteurs et les corrompus à la cérémonie de commémoration de la Journée internationale de lutte contre la corruption, jeudi 9 décembre 2021. « Il est temps pour la justice de commencer à appréhender les corrupteurs et les corrompus. Il est temps que tous ceux qui sont impliqués dans des affaires louches à la douane, à la DGI, à l’immigration, à l’OAVCT, à l’APN changent de métier, donnent une chance au pays. Sinon, vous serez appréhendés par la justice », a fait savoir en créole le Premier ministre Ariel Henry, qui a souligné que sa participation à cette cérémonie est le témoignage de la volonté de son  « gouvernement de lutter sans relâche contre ce fléau destructeur, à tous les niveaux de l’Administration publique ».                                 

« La lutte contre la corruption à laquelle nous sommes conviés doit être celle de toute la nation, celle des femmes et des hommes soucieux de voir et de contribuer à améliorer les conditions de vie et à renverser la tendance et la perception d'un pays où règne la corruption », a ajouté le Premier ministre de facto Ariel Henry.

« Il est inconcevable d’envisager le développement durable si nous ne tâchons pas d’abord d’assainir et de moraliser l’Administration publique », a avancé Ariel Henry avant de souligner que « la lutte anti-corruption marche de pair avec la stabilité politique, le progrès économique, la sécurité dont nous avons tous besoin ».           

« J’exhorte les hauts fonctionnaires, les agents publics à s’engager davantage pour briser la chaîne de la corruption. Au nom de mon gouvernement, j’invite tous les administrateurs d’Etat à faire leurs les valeurs d’éthique, d’honnêteté, de transparence et de probité », a souligné le Premier ministre Ariel qui « invite » les citoyens et citoyennes « à dénoncer les actes de corruption, à soutenir l’État dans ce vaste chantier républicain pour le bien-être de la collectivité. « Notre avenir et celui des générations futures en dépendent », a-t-il affirmé.  

« J’encourage les organes de contrôle et d’enquête, en particulier l’ULCC, à décupler leur énergie dans la bataille contre la corruption, de sorte que les maigres ressources dont nous disposons soient mises au service des plus vulnérables de notre société, au service du pays », a indiqué le Premier ministre Ariel Henry, le leader d’un pays qui traîne en queue de peloton depuis des lustres dans les classements d'Amnistie International sur l’Indice de la perception de la corruption. Avant Ariel Henry, le feu président Jovenel Moïse avait souvent martelé que le pays a cinq problèmes : la corruption (cinq fois). Si Ariel Henry, appuyé par le Core Group, conduit un cabinet ministériel issu de l’accord du 11 septembre, appelle à appréhender les corrompus, les statistiques judiciaires montrent que les corrompus circulent avec un brevet d’impunité en poche.

« Le constat regrettable est que la justice est noyée. Mal nommer les choses, c’est contribuer aux malheurs du monde disait Camus », a souligné, de son côté, le directeur de l’ULCC, Me Hans Jacques Ludwig Joseph. « Je le dis sans détour, notre justice, malgré les sacrifices énormes de plusieurs magistrats et autres acteurs exemplaires dont nous sommes si fiers, est en piteux état », a-t-il renchéri. « Le problème majeur de la corruption porte un nom, et il s’appelle impunité. C’est l’impunité qui crée la détresse sociale, c’est l’impunité qui cautionne autant de désordre dans l’administration publique, c’est l’impunité qui vide les caisses de l’État, c’est l’impunité qui stimule la commission amplifiée des crimes financiers », a poursuivi Me Hans Jacques Ludwig Joseph avant d’évoquer des expériences avec la justice. 

« En août dernier dix rapports d’enquêtes d’envergure concernant de grands dossiers qui épinglent diverses catégories de personnes issues d’horizons politique, économique et social divers. Nous revendiquons cette liberté d’action qui a permis à l’ULCC, pour la première fois depuis son existence, d’acheminer récemment 70 requêtes aux différents commissaires du Gouvernement demandant la poursuite de soixante-dix personnalités publiques n’ayant pas effectué tant à l’entrée qu’à la sortie de fonction leur déclaration de patrimoine », a-t-il dit. 



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