Quand est-ce que la sécurité sera la priorité des priorités du gouvernement?

Publié le 2021-12-06 | lenouvelliste.com

Une fillette de 7 ans qui est tuée par balle le jour de son anniversaire à Grand-Ravine, un jeune chirurgien-dentiste qui devient tétraplégique en quelques secondes après avoir été blessé par balle au cours d’une tentative de kidnapping… les gangs armés continuent de semer le deuil dans des familles, de briser des rêves, de défier les forces de l’ordre.

Depuis plusieurs mois, mieux vaut se fier aux menaces des gangs qu’aux promesses du gouvernement, car la plupart des menaces sont mises à exécution tandis que les promesses des autorités sont rarement suivies d’effet. Il faut attendre le feu vert des gangs pour circuler d’un point à un autre. Pour preuve, ceux qui s’affrontent au niveau de Martissant ont décidé de bloquer l’accès aux véhicules en provenance ou en direction du grand Sud, ce lundi 6 décembre. Ceux qui ont bravé le danger ont essuyé des tirs à l’arme automatique. Au moins un mort et plusieurs blessés ont été recensés. Des centaines de personnes ont passé en vain la journée à espérer une faveur des hommes armés pour rouvrir la route. 

Dans un message vocal circulant sur les réseaux sociaux, un redoutable chef de gang brandit une menace : quiconque empruntera la route de Martissant à partir de ce mardi 7 décembre sera considéré comme un membre du gang adverse et risque d’être accueilli par une pluie de balles. La mise en garde est signée d’un redoutable chef de gang de la capitale qui défie la police depuis environ trois ans. Par prudence, ils sont nombreux à ne plus mettre les pieds dans ce couloir de la mort qu'est devenu Martissant.

Pour marquer leur puissance de feu, des individus armés ont aussi mis le feu au sous-commissariat de Martissant, abandonné par la PNH. Ces exactions des bandes armées coïncident avec le lancement, dimanche 5 décembre, du plan de sécurité baptisé « Retour à la plage », par la Police nationale d’Haïti. Ce « Retour à la plage » ne concerne que la Côte des Arcadins pour la reprise des activités touristiques. Les autorités avouent leur impuissance ou leur manque de volonté à rétablir la paix à l’entrée sud de la capitale. Un retour à la plage sur la route nationale numéro 2 ne semble pas pour demain. Des gérants de plusieurs plages et d’auberges ont d’ailleurs mis la clé sous la porte depuis plusieurs mois, faute de clients.

Quand est-ce que le Premier ministre Ariel Henry fera de l’insécurité sa principale priorité ? Combien de personnes doivent-être encore enlevées pour que le gouvernement s’attaque réellement à ce fléau ? Combien de litres de sang doivent encore être versés pour que la sécurité des citoyens soit la priorité des priorités ? Peut-on continuer à vivre suspendu au fil de la chance ou à celui du bon vouloir des gangs ?

Valéry Daudier



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