Relèvement post-séisme, le sort du grand Sud sera-t-il différent de celui de Port-au-Prince?

Publié le 2021-12-03 | lenouvelliste.com

Le gouvernement haïtien et ses partenaires internationaux viennent de publier l’Évaluation post-désastre en Haïti après le séisme ayant frappé le grand Sud. Un exercice auquel s’est habitué le pays pour avoir été frappé ces dernières années, voire les deux dernières décennies, par de nombreuses catastrophes naturelles.

Ce document présente un bilan exhaustif et définitif des dommages et pertes enregistrés dans le Sud, les Nippes et la Grand’Anse sur les plans matériel et humain lors du séisme du 14 août dernier. Le bilan humain direct de la catastrophe, selon le document, s’élève à 2,246 personnes décédées ; 12,763 personnes blessées et 329 personnes disparues. En ce qui concerne les dommages et pertes, le montant total s’élève à 1,620,071,414 dollars américains.

Toujours selon le document, les besoins de relèvement sont identifiés pour neuf secteurs regroupés en quatre grandes catégories : (i) les secteurs productifs (agriculture, commerce et industrie, tourisme), (ii) les secteurs sociaux (logement, santé et éducation), (iii) les secteurs infrastructures (transport, eau et assainissement, et énergie), et (iv) deux enjeux transversaux (réduction des risques de désastre, et environnement).

Quant au coût du relèvement, les experts estiment qu’il s’élève à 192, 442 milliards de gourdes.

Ce document, important pour le grand Sud, est publié sans trompette ni tambour. L’information est éclipsée par le kidnapping qui endeuille et appauvrit les familles haïtiennes, la guerre de gangs à Martissant, l’augmentation  du coût de la vie, la crise du carburant.

Bien longtemps avant la publication de l’Évaluation post-désastre en Haïti, le séisme du grand Sud était déjà relégué au second plan dans les débats. Le pays passait déjà à autre chose.

Après le séisme du 12 janvier 2010, les autorités haïtiennes, de concert avec la communauté internationale, avaient fait le même exercice. Il y avait aussi les promesses de fonds çà et là pour financer le relèvement d’Haïti. Il y avait parallèlement le fonds PetroCaribe qui était à la disposition des autorités haïtiennes d’alors. On pouvait se permettre de rêver du relèvement de Port-au-Prince et des autres zones frappées par le séisme de janvier 2010.

Dans le cas du grand Sud, si l’évaluation post-séisme est complétée, on ne sait pas d’où viendront les fonds. La communauté internationale se garde de faire des promesses. Le fonds PetroCaribe a tari. Les autorités entonnent le refrain « Les caisses de l’État sont vides. »

Après le séisme de 2010, les promesses de millions pour la reconstruction faisaient rêver.  10 ans plus tard, la situation est ce qu’elle est. Le sort du grand Sud sera-t-il différent ?



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