Les « deux têtes » de l’accord de Montana sont à négocier

Les signataires de l’accord de Montana portent  un projet dans lequel le pays devra être gouverné par un exécutif bicéphale durant la période de transition. Toutefois Leslie Voltaire, membre du bureau de suivi dudit accord, avoue que  le rapport de force peut changer la donne.

Publié le 2021-12-03 | lenouvelliste.com

Les tenants de l’accord de Montana espèrent une passation en douceur du pouvoir. Pour ce faire, la négociation joue un rôle primordial. Leslie Voltaire, membre du bureau de suivi de l’accord de Montana, confie que la négociation va se dérouler en parallèle avec le processus visant à faire élire un exécutif à deux têtes pour diriger le pouvoir de la transition. « L’un des mandats du bureau de suivi est la négociation pour le transfert pacifique du pouvoir. Pour arriver à remplir cette mission, le bureau sera aidé par le comité représentatif en appui au bureau de suivi qui facilitera la négociation », a-t-il indiqué lors de sa participation à l’émission « Haïti sa k ap kwit », le mercredi  1er décembre, diffusée sur Télé 20.

« Nous allons commencer les négociations puisque, lors d’un forum que nous avons organisé antérieurement, nous avons désigné  six membres de la société civile et des partis politiques qui vont nous aider à monter cette structure de négociation, un plan de négociation et les scénarios. Il y a plusieurs scénarios possibles : Un premier avec Ariel Henry qui se fixe sur le monocéphal, un deuxième à la MTV; le troisième qui comprend Montana s’appuyant sur le bicéphale », poursuit M. Voltaire, qui dit reconnaître que l’application de cet accord nécessite « une entente ».   

 L’accord prévoit un exécutif bicéphale conformément au prescrit de la Constitution de 1987. Toutefois, M. Voltaire, membre du parti politique Fanmi Lavalas, a admis que les « deux têtes sont négociables dépendamment du rapport de force ». Durant les discussions avec le Premier ministre Ariel Henry, il sera confronté à ses propres déclarations. « Nous allons discuter avec le Premier ministre pour lui rappeler la déclaration qu’il a faite à Daniel Foote, disant qu’il partira si la population le lui demandait », souligne l’urbaniste, qui ne cache pas que les tenants de l’accord de Montana pourraient user la population comme force de pression dans d’autres formes de stratégie (manifestation, sit-in,) pour arriver à presser le Premier ministre Ariel Henry à quitter le pouvoir.

Auprès du bureau de suivi de l’accord de Montana, révèle Leslie Voltaire, des candidats commencent à manifester leurs intérêts pour prendre part aux élections au second degré que comptent réaliser les tenants de l’accord de Montana. Il s’agit, entre autres, de l’ancien sénateur  Steven Benoit ; Jean Énold Buteau, médecin et dirigeant du Parti Mouvement pour la reconstruction nationale (MRN), Edgard Leblanc,  ex- président du Sénat de la République et dirigeant de parti politique.



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