L’armée et la police coopèrent afin de résoudre l’insécurité, affirme le ministre de la Défense Enold Joseph

Publié le 2021-12-03 | lenouvelliste.com

Les Forces Armées d’Haïti (FAd'H) et la Police nationale d'Haïti (PNH) travaillent en étroite collaboration afin de ramener la paix dans le pays. C’est le ministre de la Défense, Enold Joseph, qui a annoncé la nouvelle ce vendredi sur Magik9. Le ministre a précisé que les FAd'H n’ont pas une mission de maintien d’ordre mais peuvent venir en appui à la police nationale. Enold Joseph a fait l’objet de beaucoup de discussions lors d’un Conseil des ministres présidé par Ariel Henry au palais national jeudi 2 décembre. « La sécurité, l’organisation du référendum et les élections constituent les priorités du gouvernement. Au cours du Conseil des ministres, nous avons longuement discuté sur les mesures à adopter afin de freiner l’insécurité. Dans le cas du ministère de la Défense, on est en train de réfléchir afin de voir comment résoudre le problème. L’armée a ses stratégies qu’elle compte appliquer. Après le Conseil des ministres, le haut état-major de l’armée s’est réuni avec le Premier ministre à la Primature, au Bicentenaire. Les discussions portaient sur l’insécurité et sur les nouvelles perspectives pour les FAd'H. Je sais que la PNH est à pied d’œuvre avec les nouveaux équipements qu’elle a reçus. Des attaques sont menées contre les gangs armés. Des dispositions sont en train d'être prises afin de permettre la circulation des citoyens dans l’entrée sud de la capitale. Avant longtemps, la population verra des résultats. Nous serons en mesure d’atténuer l’insécurité », a déclaré Enold Joseph.

Selon Enold Joseph, les gangs armés qui terrorisent la population n’auront pas le choix. « Nous envoyons un message aux bandits. Ils doivent déposer les armes. La CNDDR est instruite en ce sens. S’ils ne déposent pas les armes, ils seront tués ou emprisonnés », a-t-il prédit.  

Le ministre Joseph a également évoqué l’évolution de l’armée, remobilisée il y a 3 ans environ. Selon lui, les FAd'H sont toujours à sa phase embryonnaire. Il a toutefois souligné que des efforts sont entrepris afin d’augmenter son effectif et sa présence sur tout le territoire. « Nous travaillons de manière à augmenter notre effectif. Nous avons formé une promotion. Des anciens militaires qui ont subi un vetting ont ensuite été réintégrés. À cela s’ajoutent le corps du génie et un groupe d’infanterie.  Nous allons continuer à former des troupes, à récupérer nos bases ou en construire de nouvelles. Dès janvier, nous accueillerons une nouvelle promotion de cadets », a-t-il fait savoir.

Lors de son intervention à Panel Magik, Enold Joseph a révélé que des fusils d’assaut commandés pour le compte de l’armée ont été finalement remis à la PNH. « Ce sont des fusils d’assaut de marque Galil. Ils sont arrivés en Haïti. Toutefois ils n’ont pas été remis à l’Armée d’Haïti. Ils sont en possession de la Police nationale d'Haïti. Il y a eu des réflexions. Certains estiment que l’armée ne peut pas utiliser ces armes. L’entreprise chez laquelle la commande a été placée évolue aux États-Unis. Probablement il pourrait y avoir des problèmes avec l’entreprise qui n’était pas autorisée à vendre des armes ( à l’Armée d’Haïti) », a-t-il expliqué. Un ancien ministre sous le couvert de l’anonymat a indiqué à Magik9 que le gouvernement a dû modifier la commande pour la mettre sur le compte de la PNH afin que ces équipements puissent être livrés.

Enold Joseph croit savoir pourquoi il y a une réticence aux États-Unis en ce qui concerne la vente d’armes avec Haïti. « Après le coup d’État contre Jean-Bertrand Aristide en 1991, le Congrès américain avait adopté une résolution pour mettre un embargo sur la vente d’armes avec Haïti. Selon mes informations, cette résolution est encore en vigueur », a-t-il indiqué, soulignant qu’il a mené et qu’il continuera à entreprendre des démarches auprès de la communauté internationale, notamment auprès du Mexique, afin de doter les soldats d’équipements nécessaires pour qu’ils puissent protéger les citoyens.



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