Festival Périphrase

De la lecture à l'écriture : la littérature en temps de crise

Publié le 2021-12-07 | lenouvelliste.com

Inauguré en 2020 avec une première édition en décembre, le festival Périphrase initiative de l’association culturelle Périphrase récidive en 2021 avec un événement qui s'interroge sur l’importance de la lecture et l’écriture en temps de crise. Rendez-vous du 9 au 11 décembre à Verrettes pour une deuxième édition. Une édition qui se déroulera autour de la curiosité, de la lecture, de l’écriture. Le jeune écrivain jacmélien Ar Guens Jean Mary est l’invité d’honneur.

Conçue par l’association culturelle Périphrase depuis 2020, le festival Périphrase vise à renforcer l’importance de la lecture et de l’écriture dans la commune de Verrettes. L’évènement, qui s’organise cette année dans différents espaces culturels de la commune, a évidemment vu sa deuxième édition compromise par la crise sociale. Les organisateurs annoncent que les festivités auront bel et bien lieu. À cette occasion, des écrivains à la plume exploratrice inviteront le public à vivre trois jours de rencontres, d’échanges et d’animation.

« Nous organisons le festival parce que nous voulons que les jeunes et les étudiants de la commune de Verrettes gardent toujours un rapport étroit avec la littérature et l'art en général. Ce festival s'inscrit dans la perspective de les porter à s'intéresser à la lecture et aux choses de l’esprit. Ce festival est aussi une façon de mettre les jeunes écrivains de la commune en exergue », a déclaré Billy Doré, responsable de communication du festival.

Fidèle à sa mission première, à savoir valoriser la littérature haïtienne dans sa diversité et favoriser les échanges, le festival fera la part belle à la richesse des écrits en conviant des auteurs de tout le pays à présenter leur nouveauté. Parmi les auteures et auteurs invités : Cherlie Rivage, Joubert Joseph, Ansky Hilaire, Frantzley Valbrun, Malaba Pitit Plim, Jimson de Gauche, Jean Billy Mondésir, Coutechève Lavoie Aupont, Guten Rachad Jean Baptiste, Wedny Bezil, Jean Février Gertrude-Hugh, Kav-Alye Pierre et bien d’autres.

« Ce festival englobe presque l'art en général pas seulement la littérature, mais nous avons fait place aussi à la musique, à la peinture et au théâtre. Le théâtre pour moi, le théâtre c’est de l’amour, de l’émotion, de la passion mais avant tout c’est un genre instructif », a déclaré au Nouvelliste le responsable communication du festival.

Rencontres, cartes blanches, lectures scéniques, performances, séances de dédicaces, expositions, projections, ateliers d’écriture et animations. Le Festival Périphrase promouvra, cette année encore, une ouverture sur le monde et sur les autres en embrassant la littérature et la culture dans tous leurs états grâce à un programme riche et exaltant.

« Tout d'abord, je tiens à remercier l'équipe du festival Périphrase d'avoir pensé à moi pour cette édition. Ensuite, à propos de cet honneur, disons que cela m'a beaucoup plu quand je l'ai su. Car cela veut dire, quelque part, que ce que je propose comme intervention artistique dans mes écrits et autres résonne avec la vision même de ce festival extraordinaire », a déclaré l’invité d’honneur.

Natif de la ville de Jacmel, Ar Guens Jean Mary est poète. L’invité d’honneur à trois recueils de poèmes a son actif : Le Nil noir de la vallée blanche (Éditions À Toi, 2017) ; À la poésie blessée par balles (Éditions du Pont de l’Europe, 2019) et La bouche du poète n’est pas un anus ordinaire, suivi de En plein cœur du Je (Éditions Floraison, 2021).

« Mon début en littérature, si je réfléchis au sens large que cela implique ou m'interpelle en tant que créateur, je dirais que ça a commencé avec le décès de ma mère. Bouleversé, ensanglanté par cette déchirure, j'ai d'abord appris à écrire ma souffrance dans ma propre chair avant de la traduire avec des mots ou même voir mon âme partager   une forme d'éternité avec le papier, des ratures qui deviendront plus tard des poèmes », précise l’invité d’honneur à l’autre bout du fil.

Selon le jeune poète on ne peut concevoir une société sans passer par la littérature. Pour lui, la littérature n’est pas la matière première de ce dont l'homme a besoin pour construire son humanité, mais elle est fondamentale et transversale à tous les domaines de l'être en soi.



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