Séisme : l’institution Ghislain Gouraige rouvre ses portes mais attend encore de l’aide

Publié le 2021-12-02 | lenouvelliste.com

Comme c’est le cas de nombreux établissements scolaires de la ville des Cayes, une partie du bâtiment logeant l’institution Ghislain Gouraige a été affectée par le séisme du 14 août 2021. Pour accueillir les élèves et les professeurs en toute sécurité en octobre dernier, les responsables ont dû démolir la partie affectée. Pour l’heure, l’école doit s’accommoder avec cette nouvelle réalité tout en espérant une reconstruction pour une reprise à la normale. « Nous avons démoli une partie du bâtiment. Nous avons également fermé la partie où était logée l’administration. Ce qui nous a contraint de réorganiser la répartition des classes avec les 12 salles disponibles. Le bloc sanitaire a également été affecté. Nous avons aménagé un urinoir dans la cour comme solution d’urgence et provisoire », a confié Ketnor Estinvil, directeur de l’établissement.

Selon le directeur Estinvil, le défi reste énorme pour son établissement qui ne pourra pas sortir la tête de l’eau sans un accompagnement de l’Etat, du secteur privé ou d’une organisation non gouvernementale. « Nous avons dépensé 1.5 million de gourdes pour démolir les parties affectées et entreprendre les mises en place pour accueillir les élèves. Selon l’avis de notre ingénieur, nous aurons besoin de 3 millions de gourdes pour restaurer le bâtiment. Nous sommes certes un établissement privé, mais nos recettes diminuent dans le contexte de l’après-séisme. La catastrophe affecte les revenus des parents. Nous accusons des retards de paiement. Sur les 604 élèves qui fréquentent l’établissement, moins de 300 ont versé une avance sur le premier trimestre. Dans une situation aussi exceptionnelle, l’aide de l’Etat devrait cibler les établissements publics et privés. Je suis un peu pessimiste quand je constate que l’Etat ne parvient même pas à voler au secours de ces écoles. C’est pour cela que je pense que le secteur privé, les bailleurs nationaux et internationaux devraient penser à aider les écoles des régions affectées par le séisme », a estimé Me Ketnor Estinvil.  

De l’avis de ce directeur d’école, les interventions du gouvernement sont très négligeables dans le département du Sud. « Les autorités avaient annoncé qu’elles allaient soutenir la reconstruction des établissements. Rien n’a été fait en ce sens. De son côté, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Marie Lucie Joseph, avait sollicité l’aide de notre institution pour héberger des établissements dont les locaux ont été complètement détruits. Malheureusement, nous n’étions pas en mesure de répondre positivement à sa demande puisqu’il y a une université qui fonctionne dans notre bâtiment l'après-midi. Cela dit, l’Etat n’a pas encore intervenu ni au niveau technique ni au niveau financier dans le Sud », a-t-il affirmé.

Me Ketnor Estinvil suggère au gouvernement d’intervenir à trois niveaux dans les zones touchées par le séisme. « Il va falloir d’abord finaliser le processus d’évaluation des bâtiments des établissements. Ensuite, il y a des écoles qui ne sont pas encore en mesure d’ouvrir leurs portes alors qu’on est déjà en décembre. Ces écoles doivent bénéficier du support de l’Etat pour qu’elles puissent enfin recevoir les élèves. En dernier lieu, l’Etat doit aussi accompagner les écoles qui ont pu ouvrir leurs portes mais dans des conditions difficiles comme c’est le cas de l’institution Ghislain Gouraige », a suggéré Me Ketnor Estinvil.

Le bilan partiel de l’évaluation sectorielle conduite par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) avec le soutien de l’Unicef relève, à la date du 8 septembre, que 906 écoles ont entièrement été détruites ou sérieusement endommagées. Plus de 400 000 élèves et enseignants de ces trois départements sont affectés par cette situation, avait confié en septembre dernier au journal Mdiaga Seck, le responsable de la communication de l’Unicef en Haïti. 



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