« Ceux qui se sont ralliés à Ariel Henry prouvent qu’ils ne luttaient pas contre le système mais contre Jovenel Moïse », estime Pierre Espérance

De Jovenel Moïse à Ariel Henry, rien n’a changé selon Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). La situation a empiré, a-t-il estimé. Ceux qui soutiennent le Premier ministre lèvent le voile sur ce qui a été réellement leur velléité face à l’ancien président haïtien. Leur alliance avec M. Henry est une « alliance économique » fondée sur des intérêts personnels, croit le défenseur des droits humains, soutenant que le pays n'a pas un problème de gouvernement mais un problème de gouvernance.

Publié le 2021-11-25 | lenouvelliste.com

« Les gangs sont devenus beaucoup plus puissants, plus arrogants et occupent beaucoup plus d’espace ; la banalisation de la vie des citoyens devient plus aiguë ; dans les ports et les douanes, tout comme sur la gouvernance de Jovenel Moïse, les armes et les munitions entrent dans le pays sans contrôle », a martelé Pierre Espérance à la matinale de Magik 9 le samedi 20 novembre 2021. « S’il est vrai que sous l’administration de Jovenel Moïse le pays a connu pas moins de sept à huit séquences de rareté de carburants, elle n’a jamais connu ce pic qu’elle connaît aujourd’hui ». « Depuis le 19 juillet, Ariel Henry tient les rênes du pays. Qui peut énumérer des actions concrètes qu’il a entreprises qui sont susceptibles d’atténuer la souffrance de la population ? », a interrogé le défenseur des droits humains.

Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains reste pessimiste sur la formation éventuelle d’un gouvernement qui serait un véritable levier de changement. « À ceux qui crient et exigent un autre gouvernement, je dis : le pays n’a pas un problème de gouvernement, il a un problème de gouvernance », a-t-il avancé. « Quelle que soit la personnalité qui accepte d’intégrer le gouvernement d’Ariel Henry, même étant bénéficiaire d’une notoriété publique, serait obligé d’accepter le kidnapping, l’insécurité, les matraquages contre la tenue des procès PetroCaribe et des massacres contre les quartiers populaires », a ajouté M. Espérance.  

Ceux qui ont rejoint les rangs du Premier ministre, pour Pierre Espérance, ont noué avec lui une alliance qu’il a qualifiée d' « économique ». Cette alliance s’est scellée au détriment de la population. « Ceux qui se sont ralliés à Ariel Henry aujourd’hui prouvent qu’ils n’avaient rien contre le fonctionnement du pays ou contre le système. Leur problème a été Jovenel Moïse. Concoctant une alliance économique avec ce gouvernement, ils jouissent à présent des privilèges de l’Etat ».



Réagir à cet article