GTS : un think tank et groupe de pression pour appuyer l’Etat dans la lutte contre l’insécurité       

Publié le 2021-11-23 | lenouvelliste.com

Le Groupe de travail sur la sécurité ( GTS), composé d’organisations de la société civile, d’académiques et d’un ancien directeur général de la Police nationale d'Haïti (PNH), Mario Andrésol, s’est officiellement présenté au public lors d’une conférence de presse, dans les locaaux du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), mardi 23 novembre 2021.                   

Ce groupe de pression et de proposition envisage de travailler avec les institutions publiques préposées à la sécurité et les acteurs de la société civile pour résoudre de manière durable le problème de l’insécurité au terme d’un constat qui pousse à l’action, à sortir de la torpeur. Les institutions ont failli, le phénomène de l’insécurité est terrible. La population crie au secours. Des citoyens ont décidé de s’engager, dans le sillage de la conférence sur la sécurité de mai 2019 à l’Université Quisqueya, a expliqué tout de go le pasteur Saint-Pierre Destiné, coordonnateur de la Croisade des organisations haïtiennes contre le kidnapping et la violence des gangs, membre du GTS.                           

Pour Pierre Espérance du RNDDH, membre du GTS, «  Haïti fait face à un problème de gouvernance. Les institutions de la chaîne pénale, la PNH et la justice, ne peuvent pas accomplir leur mission ». Le territoire est contrôlé par des gangs. Tous les droits des citoyens sont violés, a poursuivi M. Espérance, qui dénonce, à chaque fois qu’un micro lui est tendu, la connivence entre des autorités et des groupes armés. L’une de ces résultantes dont les policiers sont de plus en plus victime depuis 2017, avec en moyenne 47 morts par année dans les rangs de la PNH, est la « banalisation de la vie des citoyens et des citoyennes », a soutenu le militant des droits humains.                             

Pierre Espérance, au sein du GTS, a pris le soin de souligner, après une question d’un journaliste, qu’il ne milite pour aucun accord politique mais pour que les autorités en place, de facto, qui jouissent des privilèges liés à leurs fonctions,  à agir contre les gangs. « Nous nous mettons ensemble pour demander aux autorités d’assumer leurs responsabilités. Cessez de banaliser la vie, de donner des armes et des munitions aux groupes armés », a appelé Pierre Espérance. Sans détour, Ashley Laraque, ex-membre du Corps des Léopards des FAD’H a indiqué que le GTS est là pour « faire pression » sur les différents responsables pour qu’ils fassent leur travail. Plus loin, Ashley Laraque a estimé qu’il y a une responsabilité collective à assumer dans la dégénérescence de la situation sécuritaire du pays. « Si nous voulons être honnête avec nous-mêmes, la société en général, dans n’importe laquelle de ses composantes, société civile, secteur des affaires, PNH, l’armée, le gouvernement, les syndicats… nous avons tous contribué, par notre indifférence à la dégénérescence de la situation », a soutenu Laraque, soulignant que la société avait fermé les yeux sur le phénomène des enfants de rues. Ils étaient 50 000 en 1990. Beaucoup ont grossi les rangs des gangs ces dernières décennies, a ajouté Ashley Laraque, soulignant la nécessité d’aborder le problème de l’insécurité dans sa dimension sociale. «  Nous ne devons pas oublier la jeunesse », a indiqué Ashley Laraque, affirmant que le GTS est un « groupe qui a décidé de redonner espoir à la population ».   

Au plan pratique, Ashley Laraque, interrogé par la presse, a indiqué que la présentation du GTS est du concret, comme les réflexions pour placer la PNH et les FAd’H sous un commandement unifié, la levée de l’embargo pour permettre d’outiller les forces de sécurité. En outre, a détaillé Louise Carmelle Bijoux, citoyenne engagée, opératrice culturelle, le GTS se propose, entre autres, de représenter la société civile dans toutes les réunions avec des responsables d’Etat, des institutions de pays étrangers, partenaires d’Haïti, de mettre en place un observatoire en matière de sécurité publique pour pouvoir faire de bonnes recommandations, réaliser une campagne pour changer les comportements et encourager la collaboration entre la population et la PNH, proposer une stratégie et des actions à plusieurs niveaux pour combattre l’insécurité.

Le GTS est composé de Mario Andrésol, ex-dg de la PNH, du Dr Joël Augustin, président du Front uni de la diaspora haïtienne, du professeur James Boyard, professeur d’université, Ashley Laraque, ex-léopard (FAd’H), du pasteur Saint- Pierre Destiné, coordonnateur de la Croisade des organisations haïtiennes contre le kidnapping et la violence des gangs, du professeur Mathias Lauréus, écrivain, chercheur à l’Université Quisqueya, de Louise Carmelle Bijoux, opératrice culturelle et citoyenne engagée, de Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, de Arielle Dominique, spécialiste en stratégie publique, de Emmanuela Douyon, spécialiste en politique publique, de Bernard Craan, homme d’affaires, de Me Jean Bonald Golinsky Fatal, syndicaliste, du Dr Prosper Charles, directeur de 1804 Institute, chercheur, professeur à Tuskegee University et l’Université Quisqueya, du Dr Charles Tardieu, éducateur et entrepreneur.  Le GTS n’est pas là pour remplacer l’Etat, a précisé le pasteur Saint Pierre-Destiné.                     



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