Réflexions autour de « Vie sur terre d’un citoyen du ciel », écrit par le Dr. Paul Antoine

Publié le 2021-11-24 | lenouvelliste.com

Sorti au mois d’août de cette année, aux éditions Columbia SC ( États-Unis ), sous la plume du Dr. Paul Antoine, ancien doyen de la Faculté d’Ethnologie de l’Université d’Etat d’Haïti, le livre s’étend sur 194 pages et contient 23 chapitres, vient, par son originalité et sa richesse, prendre sa place à côté d’autres ouvrages à la bibliothèque de l’intellectuel haïtien qui se respecte.

Ce livre, dis-je, s’inscrit dans une dynamique où, l’auteur, après un long et intéressant parcours à l’université d’Etat du pays, d’abord comme étudiant, puis, comme professeur avec des expériences d’études à l’université de Québec à Montréal, avant de couronner le tout par son dernier poste de doyen, semble encore et jusqu’ici s’interroger sur les véritables fondements des sciences humaines et sociales, en mettant à la portée d’un public cible ses réflexions, notamment, sur la philosophie, la théologie en rapport à la dimension profonde de la recherche dans ses racines.

Un tel ouvrage arrive à point nommé, où, la relation de l’homme avec le créateur, face aux éléments scientifiques, ne doit nullement faire défaut, selon qu’il ait lui-même annoncé le débat au chapitre 2  « Axiome de la science et axiome de la Bible », avec une démonstration éloquente confirmant les potentialités de l’auteur.

Des considérations sur la nature divine de l’homme ( chapitre 8 ), tout en insistant sur la genèse de l’homme.

Rien ne semble avoir laissé de côté dans les rapports entre la pensée biblique et la pensée scientifique, quand il écrit « La crainte de l’Eternel est le commencement de la science »( Ps. 111 : 10 ) chapitre 16. 

Le livre, au fur et à mesure qu’évolue la lecture, exige une plus grande attention, quand il met en évidence l’idée nécessaire qui fonde l’univers des choses spirituelles, existentielles et socioculturelles ( chapitre 20 ).

Dans les chapitres précédents, les concepts d’infiniment grand et infiniment petit, dans leur essence, ont encore été exploités selon une démarche rationnelle, où, se perpétuent les tendances véritables du niveau de perfectibilité de l’être, tout en étant un élément tiré de Dieu.

Le livre semble répondre quelque part, à une exigence de l’auteur à vouloir questionner davantage ses rapports avec l’Être Suprême, en se dissimulant derrière les vérités scientifiques qui selon lui « la science véritable est à la fois au-dedans comme au-dehors de nous. Notre grande erreur de méthode consiste à ne pas la chercher au bon endroit ».

Le chapitre 18 qui s’ouvre sur l’ontophysique et théorie atmique, vient à son tour expliquer « l’interdépendance entre : relatif et éphémère / relatif et passager, tout en retenant que les recherches et conclusions des savants ne dépassent généralement pas la vision cosmique de l’univers » ( page 134 ).

Il arrive que par extension, le psychopathologiste, à la lumière d’un ensemble de considérations liées au domaine d’entretiens préliminaires d’application clinique, trouve peu d’éléments devant lui permettre d’assoeir ou de faire asseoir des théories liées à la nature de certaines conditions susceptibles d’accoucher le fondement des troubles thymiques, encore moins, les indicateurs schizophrénéiformes qui, à la vérité, exigent un approfondissement significatif des théories biologiques sous-tendues par l’écosystème, d’où les notions de «  inné / acquis ».

En laissant nettement de côté et loin dans les vestiaires la casquette de clinicien vertical, l’on est mesure de confirmer que cet ouvrage peut porter plus d’un à poser la question suivante à l’auteur « quels sont les critères qui lui permettent ou l’autorisent à le considérer déjà comme un citoyen du ciel ? »

Mes expériences de soutenance de mémoire à la Faculté d’Ethnologie à côté du Dr. Paul Antoine, président du jury, dans mon rôle d’assesseur, n’a jamais caché son appréciation par rapport à la méthodologie appuyant le sens de mes démarches, comme il a eu à  le confier au Dr. Ernst Mirville, à la fin d’une séance de soutenance, ce qui a fait sourire mon ancien patron.

Enfin de compte, je recommande la lecture de l’ouvrage à un public suffisamment imbus de la philosophie contemporaine.

Bon regleman pa gate zanmi.

Robert Moïse
Auteur


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