Pénurie de carburant

Les stations d'essence congestionnées, Varreux fonctionne à plein régime

En seulement quatre jours, le terminal pétrolier de Varreux a livré plus de 1.5 million de gallons de gasoline et plus de deux millions de gallons de diesel. Varreux fonctionne à plein régime. Cependant, dans les stations d'essence, il faut se battre pour avoir accès à l’essence. Rien n’a changé. La pénurie persiste. L’approvisionnement des stations-service laisse à désirer. S’il n’y a pas de rupture dans la livraison, les opérateurs de produits pétroliers espèrent un retour à la normale dans les stations à partir de la fin de cette semaine.

Publié le 2021-11-15 | lenouvelliste.com

C’est la pagaille dans les stations d'essence. Un peu partout, des longues files d’attente de véhicules, de mototaxis et de gallons sont constatés depuis la reprise des activités de vente dans les stations-service dimanche. Certaines stations d'essence demeurent fermées. Dans celles qui fonctionnent, certains clients en sont venus aux mains. Dans la plupart des endroits, les forces de l’ordre ne sont pas présentes pour assurer une bonne distribution du carburant contrairement à la garantie du gouvernement.

« On devrait alimenter toutes les stations d'essence en même temps pour éviter des embouteillages », a proposé un chauffeur de mototaxi qui peinait à remplir son deux-roues dans une station-service à Delmas.

« Les gens avec les gallons jaunes empêchent les stations d'essence de fonctionner normalement. Ils achètent l’essence pour la revendre à prix fort sur le marché noir », s'est plaint un chauffeur, soulignant qu’il a passé des heures à la station sans pouvoir faire le plein.

Pour les pompistes, c’est l’indiscipline des chauffeurs qui rend difficile la distribution de l’essence. « Ils veulent tous être servis en même temps. Certaines fois, on est obligé d’arrêter la distribution pour éviter de graves incidents », a rapporté un pompiste.

Le président de l’Association nationale des distributeurs de produits pétroliers (ANADIPP) a fait remarquer que le volume de diesel livré à nos jours est supérieur au volume de gazoline. David Ternier avance deux raisons probables pouvant expliquer cette situation.  D’abord, les compagnies ont préféré alimenter les industries du pays. Ensuite, certaines stations ont préféré commander et recevoir du diesel. « Moins de bagarre et plus simple », a-t-il ajouté.

David Turnier a dit espérer un retour à la normale dans la distribution à la pompe d'ici la fin de la semaine. « Je ne peux pas être certain », a-t-il précisé.

Pour sa part, le président de l’Association nationale des propriétaires de stations-service (ANAPROSS), Marc-André Dériphonse, estime que si Varreux continue d’alimenter le marché sans rupture, il y aura une amélioration dans la distribution d’ici jeudi de cette semaine.

L’ANAPROSS a demandé à tous ses membres de procéder simultanément à l’ouverture de toutes les stations d’essence pour éviter cet embouteillage constaté dans les stations. Pour une meilleure distribution, Marc-André Dériphonse invite ses membres à limiter l’approvisionnement à 1 500 gourdes au plus par client.               

Tout juste après l’annonce de la trêve des bandits armés qui avaient empêché le fonctionnement de Varreux, 92 camions-citernes ont pu quitter le terminal pétrolier avec 460 000 gallons de diesel et 210 000 gallons de gasoline. Le jour suivant, soit le samedi 13 novembre, 140 camions ont quitté le terminal avec 570 000 gallons de diesel et 500 000 gallons de gasoline.

Varreux a livré le dimanche 14 novembre 149 camions-citernes, soit 656 674 gallons de diesel, 10 000 gallons de kérosène et 480 900 gallons de gasoline.

Ce lundi 15 novembre, Varreux a livré 594 646 gallons de diesel, 437 164 gallons de gasoline et 12 001 gallons de kérosène 

Tôt le lundi matin 15 novembre, le tanker MT Ridgebury Katherine Z a livré au terminal de Varreux une cargaison de 2 940 000 gallons de carburant.  Le prochain tanker, le MT Electa, devait livrer  2 940 000 gallons de gasoline dans la même journée du lundi, selon ce qu’a confié au Nouvelliste un cadre à Varreux.

Le chef de gang de G-9, Jimmy Chérizier, qui avait annoncé la trêve vendredi dernier, exigeait en retour le retrait des véhicules blindés de la police en opération dans la zone de Varreux. Recherché par la police, Jimmy Chérizier, dans un point de presse, soulignait que la trêve s’étend jusqu’au 18 novembre. Il continue d’exiger la démission du Premier ministre Ariel Henry.



Réagir à cet article