Jimmy Chérizier, alias Barbecue, « chef d'un gang déjà sanctionné par les USA», selon Merten

Publié le 2021-11-05 | lenouvelliste.com

« C’est un monsieur qui est chef d’un gang », a confié Kenneth H. Merten, chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis en Haïti, interrogé ce vendredi 5 novembre sur la perception des USA par rapport à Jimmy Chérizier, alias Barbecue, qui veut se muer en révolutionnaire. 

« Je crois que les Etats-Unis l’avaient déjà sanctionné. Je crois que cela explique ce que nous pensons de lui. Je n’ai pas plus à dire », a souligné le diplomate américain, onze mois après la sanction du Département du Trésor des Etats-Unis contre M. Chérizier pour de « sérieuses violations des droits humains en Haïti » en lien avec le massacre perpétré à La Saline, en novembre 2018. 

 «Alors qu’il était policier, Jimmy Chérizier a planifié et participé en 2018 à l’attaque de La Saline. Chérizier est maintenant le chef de gang le plus influent. Il dirige une alliance de neuf gangs connus comme G-9. Entre 2018 et 2019, Chérizier a dirigé des groupes armés dans des attaques brutales coordonnées dans des quartiers de Port-au-Prince. Plus récemment, en mai 2020, Chérizier a dirigé une attaque de gangs armés ayant duré cinq jours dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince au cours de laquelle des civils ont été tués et des maisons incendiées», selon le communiqué publié à l’époque par le Département du Trésor des Etats-Unis.

Interrogé sur le souhait ou non que M. Chérizier, recherché par la police, soit appréhendé et trainé en justice, Kenneth H. Merten avance que les Etats-Unis sont pour l’application des lois haïtiennes. « Nous voulons toujours que les lois haïtiennes soient respectées », a-t-il dit.

 «Le Département d’Etat continue aussi d’exhorter le gouvernement haïtien à traduire en justice Jimmy ''Barbecue'' Chérizier», avait écrit Ryan Kaldahl, l’assistant du secrétaire d’Etat américain pour les affaires législatives dans une lettre responsive à la congresswoman Federica Wilson en date du 17 novembre 2020. 

Entre-temps, M. Chérizier et son regroupement de gangs prennent de l’ampleur, imposent la terreur au bas de la ville. Le leader de G-9 se pose en révolutionnaire et veut peser sur l’échiquier politique. A la pointe des fusils, ses hommes contrôlent l'accès au terminal de Varreux depuis au moins deux semaines pour forcer le Premier ministre Ariel Henry à quitter le pouvoir.



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