Haïtiens et étrangers, interminables séquestrations

Publié le 2021-10-20 | lenouvelliste.com

Le calvaire des victimes de kidnapping se poursuit. 17 ressortissants étrangers, 16 Américains et un Canadien, sont toujours séquestrés après leur enlèvement samedi, à Croix-des-Bouquets par le gang 400 Mawozo. 

Les autorités américaines qui ont dépêché une équipe du FBI pour aider à la libération de ces personnes observent la situation avec attention. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, interrogé par des journalistes à Quito, en Équateur, sur la question, a qualifié d’insoutenable le fait que des gangs contrôlent des parties de Port-au-Prince.

Le gouvernement des États-Unis se focalise sans relâche sur le kidnapping de ces 17 personnes dont 16 ressortissants américains et est en constante communication avec la PNH et l’église des missionnaires, a confié Antony Blinken En Equateur au cours d'une rencontre avec le chancelier de ce pays. 

« Malheureusement, c’est aussi un indicatif d’un problème plus large et c’est la situation de la sécurité qui est tout simplement insoutenable », a dit Antony Blinken, en référence à des gangs qui contrôlent des parties de Port-au-Prince.          

Depuis l’Ohio, aux Etats-Unis, Christian Aid Ministries compte les jours et prie pour la repentance des kidnappeurs. « Les médias ont informé le monde de la situation. Les autorités civiles en Haïti et aux États-Unis sont au courant de ce qui s’est passé et offrent leur assistance. Nous continuons de monitorer la situation », a indiqué Christian Aid Ministries dans un communiqué publié lundi en milieu de journée.  

Cette organisation a sollicité la prière pour la libération de ces personnes séquestrées, 16 Américains et un Canadien (6 hommes, 6 femmes et 5 enfants) et pour la repentance des membres de ce gang, les 400 Mawozo, a appris Le Nouvelliste. 

« Le bien-être et la sécurité des citoyens américains à l'étranger est l'une de nos plus grandes priorités. Nous sommes au courant de ces rapports et n'avons rien à ajouter pour le moment», avait confié au Nouvelliste un porte-parole du gouvernement américain.    

D’autres familles dont celle du pasteur Jean Pierre Ferrer Michel vit un drame dans le drame.       

Après 18 jours de séquestration et après avoir versé une rançon, ce pasteur est toujours en captivité. L’épouse du pasteur Jean Pierre Ferrer Michel et sa fille, Vanessa Michel sont apparues dans une vidéo d’un peu plus d’une minute pour appeler à sa libération, hier mardi.

« Je viens plaider. Je suis venu dire à tous les gens concernés de libérer le pasteur. Libérez mon mari, remettez aux enfants leur père, le frère à sa famille », a dit Mme Michel, soutenue par sa fille, le visage fermé, la mine angoissée.

« Nous avons déjà tout fait. Nous avons fait tout ce que nous devions faire », a insisté Mme Michel qui endure la séquestration de son mari et « de fausses rumeurs » de sa libération. 

« Le pasteur de l’église Jesus Center est toujours séquestré. Il y a de fausses rumeurs qui laissent croire qu’il est rentré chez-lui. Mais ce sont sa femme et ses enfants qui l’auraient su avant tout le monde », a expliqué l’épouse du pasteur Michel, kidnappé sur la cour de son église, Jesus Center, à Delmas 29. 

« Il n’est pas chez-lui. Il est séquestré depuis 17 jours. Il est sans médicaments. C’est une personne âgée proche des quatre-vingt ans », a dit l’épouse du pasteur Jean Pierre Michel Ferrer.                            

Les enlèvements se sont poursuivis. A la Plaine du Cul-de-Sac, une mère a expliqué son impuissance quand des kidnappeurs ont enlevé son fils de 9 ans, Larson Nelson.          

Samedi dernier, le jour du kidnapping des 16 Américains, du Canadien et d’autres Haïtiens dont le journal n’a pas pu vérifier le nombre, au Sud de Port-au-Prince, les membres d’un autre gang, qui écumait les rues, sont tombés nez-à-nez avec une patrouille de la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS). 

Une course poursuite et des échanges de tirs avec un véhicule à bord duquel prenaient place des présumés kidnappeurs a eu lieu, a confié au Nouvelliste la porte-parole de la PNH, l’inspectrice Marie Michèle Verrier.

«La patrouille a engagé ce véhicule à l’avenue Christophe, non loin de la FOKAL. Un policier, Richard Pierre Etienne, a été touché mais la patrouille a continué la poursuite. Le véhicule des malfrats a heurté un autre véhicule entre la rue Cameau et la rue Monseigneur Guilloux. Plusieurs de ces individus sont sortis blessés. Nous déplorons malheureusement la mort d’un policier», a expliqué l’inspectrice Verrier.

Roberson Alphonse



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