Insécurité/Kidnapping

Les transporteurs de produits pétroliers annoncent une grève contre le kidnapping

Après les deux journées de grève lundi et mardi de cette semaine des chauffeurs de transports en commun, c’est au tour des transporteurs de produits pétroliers d'annoncer pour ce 21 octobre un arrêt de travail. Les objectifs sont les mêmes. Les chauffeurs sont tués, kidnappés et rançonnés par les groupes armés un peu partout dans l’aire métropolitaine. Pour faire entendre leurs voix, les transporteurs de produits pétroliers entrent en grève.

Publié le 2021-10-20 | lenouvelliste.com

Paul, un transporteur dans la cinquantaine, a été enlevé samedi dernier à Martissant après avoir livré une cargaison de produits pétroliers. « Les ravisseurs exigent 800 000 dollars américains pour la libération de Paul. Ils l’ont enlevé au volant de son camion-citerne alors qu’il rentrait chez lui après une livraison », a dénoncé Jacquelyn Jipé, membre de l’Association des transporteurs de produits pétroliers.

« Nous sommes livrés à nous-mêmes dans les rues. Personne n’a conscience de notre importance. Nous n’avons d’autre choix que d’observer un arrêt de travail », a soutenu Jacquelyn Jipé.

Dans une note de presse ce mardi, l'Association des chauffeurs de produits pétroliers d'Haïti (ACPPH) a informé le public en général et les propriétaires de stations d'essence en particulier que «  vu la montée grandissante de l'insécurité sur toute l'étendue du territoire national, qui fait beaucoup de victimes (enlèvement, viol, etc..) et qui décapitalise notre société en payant des rançons, l'association porte à la connaissance du peuple haïttien qu'un arrêt de travail sera observé sur tout le territoire national à partir du 21 octobre 2021, pour dire non au phénomène de l'insécurité, particulièrement le kidnapping qui met les citoyens et citoyennes hors de toute liberté. »

L'Association des chauffeurs de produits pétroliers souligne dans la note que leur arrêt de travail restera en vigueur jusqu'à qu'il y ait un climat de sécurité dans le pays pour les chauffeurs et la population en général.

Les lundi 18 et mardi 19 octobre, toutes les activités étaient à l’arrêt dans l’aire métropolitaine et dans certaines villes de province à la suite du mot d’ordre de grève lancé par les syndicats des transports en commun contre l’insécurité, le kidnapping et la pénurie de carburant dans le pays. Les écoles, le commerce formel, les transports en commun et même certains bureaux de l’administration publique n’ont pas fonctionné pendant ces deux jours.

Plus de quatre jours après le kidnapping de 16 ressortissants américains et d’un Canadien dans la zone de Ganthier, le gouvernement et la police nationale restent muets sur le dossier.



Réagir à cet article