MonCash : « Pour plus de 95 % des transactions, l’augmentation mensuelle au total va être de l’ordre de trente gourdes », précise Maarten Boute

Le président directeur général de la compagnie de téléphonie mobile Digicel en Haïti, Maarten Boute, dit avoir pris les dispositions adéquates pour que l’augmentation des frais du service "MonCash" n’affecte pas les petites bourses dans le pays. Selon lui, en moyenne le coût supplémentaire, par mois, par utilisateur «MonCash", va varier entre 10 et 30 gourdes.

Publié le 2021-10-20 | lenouvelliste.com

La Digicel n'a pas multiplié par trois les frais de retrait du service MonCash, a précisé  Maarten Boute, le PDG de la compagnie de téléphonie mobile sur les ondes de Magik9 ce mardi 19 octobre. M. Boute assure que ce changement n’aura pas un grand impact sur les petites bourses.  « Quand on regarde ces prix-là et quand on les compare de prix à prix, effectivement sur certaines transactions, surtout les plus élevées, cela paraît comme une augmentation très importante. Mais nous avons fait les calculs de l’impact réel de ces changements sur la population. La plupart des transactions de MonCash sont dans la tranche de 700 à 1 500 gourdes;  les calculs ont révélé qu’en moyenne le coût supplémentaire par mois par utilisateur  MonCash allait être entre 10 et 30 gourdes. Cela fait moins d’un soda par mois. Nous savons que la situation est très compliquée dans le pays mais nous avons aussi une responsabilité comme chef d’entreprise de garantir la pérennité de la compagnie, des investissements et de temps en temps de prendre des décisions difficiles », a-t-il argué.

« Il y a un déficit de communication parce qu’on doit expliquer et communiquer plus sur les raisons qui font  que malheureusement ces changements sont nécessaires  pour la survie de la Digicel, pour garantir les investissements futurs. Et on espère que les clients vont l’accepter et vont voir par eux-mêmes quand ils vont faire leurs transactions, qu’en réalité l’impact n’est pas aussi grave que certaines personnes essaient de le faire comprendre sur les réseaux sociaux et dans certains discours », a poursuivi M. Boute.

« Quand on regarde l’impact réel sur la grande majorité  des clients, pour plus de 95 % des transactions, l'augmentation mensuelle au total va être de l’ordre de 30 gourdes. Les montants que les gens voient sur la grille tarifaire, montants de 10.20. 30. 70 000 gourdes, ce ne sont pas des transactions très fréquentes. C’est d’ailleurs des transactions qui nécessitent des coûts supplémentaires que ce soit  pour des agents qui sont obligés d’avoir cette liquidité disponible, mais aussi pour les différents fournisseurs de service incluant la Digicel qui doit faire le transfert de fonds dans un climat d'insécurité qui est de plus en plus compliqué. Cela n’affecte pas les petites bourses. Elles sont dans la moyenne de 10 gourdes de coût supplémentaire par mois », a insisté le P.DG de la Digicel.  

« On a fait attention pour minimiser l’impact sur les petites bourses», a ajouté M. Boute, qui a précisé qu’une grande partie du service MonCash restera gratuite.

M. Boute a souligné  que ces changements sont  nécessaires. « Nous avons budgétisé ce  changement. Chaque année la Digicel fait un budget  qui regarde les rentrées, les dépenses et aussi les investissements. Comme nous avons lancé un programme national de modernisation du réseau qui  coûte  au total  100 millions de dollars US sur une période de trois ans, en bon père de famille et en bon gestionnaire on était obligé de faire une légère modification sur le tarif de retrait de MonCash ». 

Les clients ont le choix. « S’ils ne veulent pas être clients de la Digicel, ils ont le choix de choisir un concurrent. On est une entreprise privée. On n’impose rien. On suggère cette augmentation de prix, le consommateur a le droit de le prendre ou d’aller regarder ailleurs s’il trouve mieux. Ils peuvent retourner dans une maison de transfert traditionnel. Ces décisions sont nécessaires à la survie de la compagnie », a tranché M. Boute.

Maarten Boute explique les problèmes auxquels la compagnie est confrontée

« Nous avons effectivement des problèmes sur le réseau actuellement, principalement à cause de la situation de pénurie de diesel. Chacune de nos antennes tourne sur le diesel, vu qu’il y a des pénuries et des problèmes de sécurité qui empêchent la livraison de diesel, cela fait que nous avons plus d’antennes en panne que d’habitude. Quand une antenne est en panne ou bien vous n’avez pas de service dans la zone ou bien des antennes avoisinantes prennent le relais et offrent un service congestionné. On fait tout ce qu’on peut pour, malgré la pénurie, continuer à donner du service, mais c’est une chose très compliquée », a expliqué  le numéro un de la compagnie rouge, qui a dit ne pas constater de solution à court terme à l’horizon pour une livraison de diesel plus stable qui lui permettrait de rattraper le retard.

« Principalement ce sont les sites les plus reculés en province qui sont les plus impactés, en plus  des antennes qui se trouvent dans les zones qui sont fortement impactées par l’insécurité. Donc, c'est principalement tout le bas de la ville. Les zones allant vers le sud : Carrefour, Martissant et la commune de la Croix-des-Bouquets où la situation est de plus en plus compliquée », a expliqué Maarten Boute, soulignant qu’il fait tout ce qu’il peut, parfois avec le support de la PNH, pour permettre le fonctionnement des sites. « Cela ne dépasse pas les 10%. On a 1 500 antennes. Quand on se réveille chaque matin, on a environ 100 ou 150 antennes qui sont en panne », a-t-il précisé. 80 % de la détérioration du réseau est liée au climat d’insécurité, a précisé M. Boute qui, toutefois, a promis que des dispositions seront prises pour investir dans le réseau afin d’améliorer sa capacité.



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