Martine Moïse récuse le juge Ikenson Édumé «proche» de John Joël Joseph

Publié le 2021-10-13 | lenouvelliste.com

Martine Moïse, née Marie Martine Etienne Joseph, récuse le juge instructeur Ikenson Édumé et souhaite solliciter son renvoi par devant un autre juge instructeur. La plaignante, représentée par ses avocats, s’appuie sur les liens entre le magistrat Édumé et John Joël Joseph, un suspect dans l’assassinat de son mari. Le magistrat récusé souhaitait auditionner Mme Moïse le 9 octobre 2021 « à titre de victime dans le cadre d’un dossier aux motifs d’escroquerie, faux et usage de faux en écriture publique, surfacturation, blanchiment des avoirs et association de malfaiteurs au préjudice de l’Etat haïtien ».

Dans une correspondance adressée au président, au vice-président et aux juges de la Cour de cassation, les avocats de Martine Moïse arguent que l’invitation du juge instructeur « serait une manière voilée pour donner un vilain coup à leur cliente ». Toujours dans cette correspondance, ils avancent que le juge Édumé est le beau-frère de l’ancien sénateur John Joël Joseph, recherché par la police pour son implication présumée dans l'assassinat du président Jovenel Moïse. « Une requête motivée a été adressée au magistrat Bernard St-Vil, doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, et une ordonnance a été rendue pour exiger aux Archives nationales de délivrer un exemplaire de l’extrait des actes de naissance de Josué Pierre Louis, Ikenson Édumé et Darline Édumé ainsi que celui de l’extrait de l’acte de mariage de cette dernière avec John Joël Joseph. Il ressort sans l’ombre d’un doute que le magistrat instructeur Ikenson Édumé, né le 2 mars 1979, originaire de Petit-Goâve, est bien le grand frère de la dame Darline Édumé Joseph, née Darline Édumé à Petit-Goâve le 16 novembre 1983 ont les mêmes auteurs. La filiation l’a trahi. La sœur du juge Ikenson Édumé est bien l’épouse de l’ancien sénateur John Joel Joseph. Leur mariage a eu lieu le 21 octobre 2016. (…) D’où la suspicion légitime de l’exposante est fondée tant en fait qu’en droit », peut-on lire dans la correspondance adressée aux juges de la Cour de cassation.

Plus loin, les avocats de la plaignante estiment que les suspicions légitimes la motivant à solliciter son renvoi par-devant un autre juge instructeur sont fondées, ce, poursuivent-ils, quoique Madame Moïse ait été « indubitablement victime des faits infractionnels énumérés dans l’invitation du juge Ikenson Édumé ». Pour produire cette demande, les avocats Wilson Estimé, Guy Alexis et Emmanuel Jeanty s’appuient sur les dispositions des articles 427 et suivants du Code d’instruction criminelle, stipulant entre autres que le renvoi d’un juge peut être ordonné sur demande des parties intéressées pour cause de suspicion légitime.



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