Accord de Montana : le Conseil national de transition sera constitué d’ici la fin de la semaine, selon Lesly Voltaire

Prévu dans le cadre de l’accord de la Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise, le Conseil national de transition aura pour tâche de recueillir les candidatures pour les postes de président et de Premier ministre, les analyser avant de choisir deux dirigeants de la transition, révèle Lesly Voltaire, membre de Fanmi Lavalas.

Publié le 2021-10-12 | lenouvelliste.com

Dans ses recommandations, l’accord du 30 août 2021, proposé par la Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise, a prévu la mise en place d’un Conseil national de transition (CNT). Ce conseil, précise Lesly Voltaire de l’organisation politique Fanmi Lavalas, signataire dudit accord, sera transformé en organe de contrôle de la transition avec l’addition de deux membres par département afin que tous les départements en fassent partie.

« Nous sommes sur la bonne voie. Des correspondances ont été adressées aux secteurs signataires de l’accord pour qu’ils envoient leurs délégués au Conseil national de transition. Les partis politiques ont déjà désigné leurs représentants », fait savoir Lesly Voltaire à l’émission Panel Magik, sur Magik 9, le mardi 12 octobre 2021. « D’ici la fin de la semaine, nous aurons tous les membres du Conseil national de transition », ajoute-t-il.

Le Conseil national de transition, fruit de l’accord de Montana, a pour vocation d’accorder une certaine légitimité aux dirigeants de la transition. « Nous sommes en face de six grandes crises : un vide institutionnel, l’assassinat du président, le tremblement de terre, le cyclone, l’insécurité et l’impunité […]. Il doit y avoir une réaction de la société disant que c’en est assez. Il faut mettre sur pied un système crédible, parce que le vide institutionnel empêche de choisir un président et un Premier ministre qui soient crédibles », souligne le dirigeant de Fanmi Lavalas.  

La tâche du CNT sera essentiellement de recevoir les candidatures pour les postes de président et de chef de gouvernement, les analyser et choisir les dirigeants de la transition. Les candidats potentiels doivent être honnêtes, intègres et jouir d’une certaine réputation de personnes engagées et patriotes. Par ailleurs, les personnes indexées dans le scandale PetroCaribe et les massacres perpétrés dans les quartiers populaires ne peuvent pas participer à ce processus, prévient M. Voltaire. « Si nous voulons vraiment mettre le pays sur la voie du développement et de la sécurité, beaucoup de gens ne feront effectivement pas partie de la solution », martèle-t-il.

Toutefois, Lesly Voltaire ajoute que l’accord de Montana n’exclut personne. Le Dr Ariel Henry, actuel Premier ministre du pays, peut lui aussi, soutient-t-il, se porter candidat. « Si le Dr Ariel Henry veut devenir président ou Premier ministre légitime, il peut poser sa candidature. Il a suffisamment d'alliés avec tous les secteurs qui le soutiennent pour gagner », déclare Lesly Voltaire.  

« Nous faisons face à une grande crise. Nous avons besoin de beaucoup de support de la société pour accepter les sacrifices qui vont être consentis. Si vous êtes seuls, personne ne vous suivra. Qu’est-ce qui empêche Ariel Henry de diriger le pays avec les secteurs qui le soutiennent ? », avance M. Voltaire. Pour lui, il n’est pas possible de fusionner l’accord du 30 août avec celui du Premier ministre Ariel Henry. « Notre accord a été trouvé dans un processus de négociation avec tous les secteurs. Les autres accords, ce sont des accords pour des « jobs » », renchérit-il,  précisant qu’ils ont déjà rencontré Ariel Henry et n’enlèvent pas la possibilité de le rencontrer à nouveau car, ajoute-t-il, leur vocation, ce n’est pas de prendre la place du Premier ministre mais plutôt de doter le pays de dirigeants crédibles.

Après la mise en place du Conseil national de transition, plusieurs scénarios sont envisageables. « Après cela, vous pouvez voir la population revendiquer son départ, que ce soit à travers les médias ou des manifestations. L’on peut voir également ceux qui ont envoyé leurs représentants au CNT mettre la pression pour que ce soient les dirigeants qu’ils ont choisis qui prennent le pouvoir », affirme Lesly Voltaire.



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