Do Kre I S

Parution du numéro 4 de la revue Do Kre I S

Publié le 2021-10-13 | lenouvelliste.com

Le quatrième numéro de la revue Do Kre I S vient de paraître en France. Placée sous le thème Trace(s)/Mak, plusieurs chercheurs, universitaires et écrivains à l’instar de  René Depestre, Yanick Lahens, Claire-Ania Virgile, Christelle Lozère, et Georges Michel, ont mis sous les projecteurs les volets de l’identité, de l’art, la littérature et la langue. Ce dernier numéro rend un hommage particulier au poète réunionnais Boris Gamaleya (1930-2019), qui selon les responsables de la revue « l’œuvre a entremêlé les réseaux de sens littéraires les plus classiques aux traditions poétiques les plus mascarines ».

Edité par l’association Vagues Littéraires le quatriè me numéro de la revue Do Kre Is  vient de paraitre sur le thème Trace(s)/ Mak. DO KRE I S est une revue annuelle où chaque numéro s’organise autour d’un thème. Depuis sa création en 2017, elle rassemble chaque année des créations littéraires et artistiques ainsi que des réflexions critiques sur les instruments de cohésion sociale que sont l’art, la littérature et la langue. Les numéros sont organisés par thème, mais chaque numéro réserve un espace aux contributions diverses ainsi qu’aux comptes rendus de lecture. Do Kre I S est un lieu de rencontre et de réflexion sur les cultures créoles.

Dans ses différentes sections (comprenant des articles, des entretiens, des photographies et des projets réalisés par des étudiants, des universitaires, des écrivains, des critiques littéraires et des poètes), la revue aborde des sujets de recherche pluridisciplinaires et portent sur l’histoire de la langue, de l’art et de la culture créole.  

« Dans cette histoire de tressage des tracés, l’écriture libère à son tour un autre chargement confus de solidité et de remous. Les sociétés créoles, peut-être plus que d’autres, traquent avec avidité ce qui reste. Dans les contextes coloniaux postérieurs à 1492, la condition de mortalité est éprouvée dans la capture, le rapt, le génocide, la déportation, la mise en esclavage, la mutilation, la réinvention illimitée de la violence – mais aussi, sournoisement, dans la disparition des ancêtres. Certaines traces sont effacées, niées ou savamment truquées : façon de construire l’absence d’histoire d’un peuple ou d’une terre et d’y faire résonner son propre bruit, dans une fiction de primauté. Pourtant, au temps même de ces destructions, les miracles de la mémoire opèrent, infaillibles. L’oralité, la perpétuation des gestes, la restauration magique des énergies parviennent à raviver tout ce que l’on a tenté d’arracher et de dissimuler. On donne souvent l’exemple du marronnage pour imaginer les dissidences prodigieuses et on oublie parfois que la résistance s’est établie, aussi, au cœur même de la plantation. Nous formons nous-mêmes, d’un océan à l’autre, la descendance de cette intrusion du trouble dans l’habitation. Ainsi les voix portées par Dokréis chantent-elles encore, infiniment, le soulèvement énergique, la guérison splendide, la conservation des secrets, l’hommage transgénérationnel, l’amour infléchi, et toute trace léguée par ce que les livres nomment de l’expression d’âge moderne. »,a ecrit Estelle Coppolani, membre comite de rédaction de de la revue.

Ce quatrième numéro invite également les lecteurs à faire découvrir le poète réunionnais Boris Gamaleya.  « Ce poète aimait passionnément son île et il en a défendu les cultures et la langue créole jusqu’à la sentence d’exil. A posteriori, redécouvrir cette voix poétique consiste aussi à se plonger dans la ferveur des décennies 1970-1980 à l’île de la Réyon : époque de l’intrication de l’art et du politique par excellence, alliances intellectuelles, espoirs de révolution. Beaucoup disent avoir récité par cœur comme un hymne flamboyant, en ce temps-là, le grand chant de Vali pour une reine morte (1973). », peut-on lire dans l’éditorial de ce quatrième numéro.

Marc Sony Ricot



Réagir à cet article